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Dermatose nodulaire : la France lève presque toutes les zones réglementées, mais la vigilance reste de mise

Le ministère de l’Agriculture annonce la levée de la quasi-totalité des zones réglementées liées à la dermatose nodulaire contagieuse, après l’absence de nouveaux cas en France depuis le 2 janvier. Malgré cette bonne nouvelle, un petit secteur des Pyrénées-Orientales reste sous surveillance et les autorités appellent à maintenir les mesures sanitaires et la vaccination ciblée.

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé vendredi la levée de la quasi-totalité des zones réglementées mises en place pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a affecté des bovins en France depuis l’été précédent. « Le temps et le protocole choisi nous ont donné raison : depuis le 2 janvier, nous n’avons plus aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse », a déclaré la ministre. Malgré ce constat favorable, un petit secteur des Pyrénées-Orientales reste sous surveillance en raison d’un foyer actif en Espagne.

Ce que signifie la fin des zones réglementées

La levée des zones réglementées entraîne un assouplissement important des contraintes imposées aux élevages concernés. Dans la plupart des régions touchées, les restrictions de mouvement des animaux sont levées et une grande partie des mesures d’urgence imposées aux exploitations sont assouplies. Une vaste zone du Sud-Ouest, jusque-là classée « zone réglementée », passe désormais en « zone vaccinale ».

Concrètement, le passage en zone vaccinale signifie que la stratégie de lutte s’appuie davantage sur la vaccination préventive et le maintien d’une surveillance renforcée plutôt que sur des limitations strictes des déplacements. Les exportations d’animaux continuent toutefois d’être soumises à des formalités déclaratives et à des accords bilatéraux entre pays, afin de garantir la confiance de partenaires commerciaux et de prévenir la diffusion transfrontalière de la maladie.

La stratégie nationale : vaccination et abattage ciblé

Depuis l’apparition des premiers cas en France en juin, les autorités sanitaires ont déployé une stratégie combinant abattage des cheptels infectés et vaccination massive. Près de deux millions de bovins ont déjà été vaccinés. Le protocole retenu prévoit l’élimination complète d’un foyer dès la confirmation d’un cas afin d’éviter la propagation du virus transmis par des insectes piqueurs, notamment des moucherons.

À ce jour, plus de 3 500 bovins ont été abattus sur un cheptel national d’environ 16 millions de têtes. Le gouvernement a indiqué que la vaccination serait reconduite dans certaines zones en 2026 pour maintenir un niveau de protection satisfaisant et limiter le risque de résurgence.

Pourquoi la vaccination est privilégiée

  • La vaccination réduit la circulation du virus et protège les animaux exposés dans les zones à risque.
  • Elle limite la nécessité d’abattages massifs à long terme en créant une immunité de troupeau.
  • Elle permet de préserver, autant que possible, l’activité des exploitations et la pérennité des filières.

Un Salon de l’agriculture sans bovins : une première historique

Pour la première fois depuis la création du Salon de l’agriculture en 1964, aucun bovin ne sera présenté. Les organismes de sélection des races ont fait le choix, « par précaution et par solidarité » avec les éleveurs touchés, de ne pas amener leurs animaux au salon. À la veille de l’ouverture, la ministre a confirmé qu’elle respectait cette décision, soulignant qu’il s’agissait d’une mesure de prudence sanitaire et non d’un boycott politique.

Cette absence spectaculaire met en lumière l’impact de l’épizootie sur la vie agricole et sur la représentation des filières. Le salon, qui constitue habituellement une vitrine pour les races, les pratiques d’élevage et les échanges commerciaux, perd une part de son attractivité lorsqu’une catégorie majeure d’animaux ne peut y être montrée.

Des tensions au sein du monde agricole

La stratégie nationale a suscité des réactions contrastées parmi les syndicats agricoles. L’alliance majoritaire FNSEA-JA a soutenu le protocole sanitaire basé sur l’abattage ciblé et la vaccination, estimant qu’il était nécessaire pour contenir l’épidémie. En revanche, la Coordination rurale et la Confédération paysanne ont demandé un assouplissement des mesures, appelant à plus de souplesse pour les exploitants confrontés à des pertes économiques et logistiques.

Les débats portent notamment sur l’importance des abattages systématiques dès la détection d’un foyer et sur la mise en œuvre pratique de la vaccination (disponibilité des doses, coût et organisation sur le terrain). Certains éleveurs regrettent aussi des difficultés d’approvisionnement en vaccins et des délais dans les indemnisations.

Impact économique et mesures d’accompagnement

La crise a des conséquences économiques tangibles pour les éleveurs : interruption d’événements commerciaux, restrictions temporaires des mouvements de bétail, baisse des ventes directes et coûts liés aux campagnes de vaccination et aux bio‑sécurités renforcées. Les pouvoirs publics ont annoncé des dispositifs d’indemnisation et d’accompagnement pour soutenir les éleveurs touchés, notamment l’activation de fonds destinés à compenser les pertes et à financer les mesures sanitaires.

Les autorités insistent sur la nécessité d’un suivi rapproché des exploitations et d’un accompagnement technique par les vétérinaires pour adapter les pratiques et accélérer le retour à la normale.

Pourquoi la vigilance reste nécessaire

Si l’absence de nouveaux cas depuis le 2 janvier est un signal positif, plusieurs éléments justifient une vigilance prolongée :

  • La présence d’un foyer en Espagne, proche des Pyrénées-Orientales, maintient un risque de réintroduction transfrontalière.
  • Le mode de transmission par des insectes piqueurs rend la maladie dépendante de facteurs climatiques et de la circulation vectorielle, qui peuvent varier d’une saison à l’autre.
  • Des zones restent classées « vaccinales » et nécessitent une surveillance et des actions ciblées pour éviter une reprise épidémique.

Les services vétérinaires nationaux et régionaux maintiendront des dispositifs de surveillance, de dépistage et de reporting pour détecter rapidement tout signal de reprise. Les éleveurs sont appelés à signaler toute anomalie clinique et à respecter les consignes de biosécurité.

Que peuvent faire les éleveurs et les professionnels ?

  1. Maintenir la vaccination dans les zones recommandées et s’assurer que les carnets sanitaires des animaux sont à jour.
  2. Renforcer les mesures de biosécurité : limitation des visites externes, désinfection des véhicules, gestion contrôlée des mouvements de bétail.
  3. Collaborer avec les vétérinaires pour organiser la surveillance clinique et les prélèvements si nécessaire.
  4. Anticiper les discussions commerciales en informant les partenaires et en respectant les obligations déclaratives pour les échanges internationaux.

Perspectives et enseignements

La levée des zones réglementées marque une étape importante dans la gestion de l’épidémie en France, montrant l’efficacité de la combinaison abattage-vaccination dans le contexte national. Cependant, la crise rappelle l’importance de la coordination européenne face aux maladies animales transmissibles, de l’échange d’informations entre États voisins et d’une réponse rapide dès que des foyers apparaissent à l’étranger.

Les autorités annoncent la poursuite d’un suivi renforcé en 2026, avec des campagnes de vaccination ciblées et des actions de prévention pour limiter le retour de la maladie. Les professionnels de la filière devront rester mobilisés, entre organisation de la vaccination, gestion économique des exploitations et communication auprès des partenaires commerciaux.

En résumé

La France peut se réjouir de la disparition des nouveaux cas signalés depuis le début de janvier et de la levée de la plupart des zones réglementées. Néanmoins, un secteur des Pyrénées-Orientales demeure sous surveillance et la stratégie de prévention, fondée sur la vaccination et la surveillance vectorielle, restera d’actualité pour réduire tout risque de résurgence. Pour les éleveurs, le mot d’ordre reste la prudence : vaccination ciblée, respect des mesures de biosécurité et dialogue étroit avec les vétérinaires et les autorités sanitaires.

Cette période de transition sera décisive pour consolider les acquis sanitaires obtenus et préparer la filière à mieux répondre aux aléas sanitaires futurs.

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