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Protéger l’hiver : retrouver les gestes barrières (masque, mains, aération)

Face aux vagues d’infections respiratoires, le port du masque, le lavage des mains et l’aération des pièces restent des mesures simples et efficaces pour limiter la transmission. Ce guide explique pourquoi ces gestes sont essentiels, comment les appliquer correctement et à qui ils s’adressent prioritairement cet hiver.

Chaque hiver rappelle la vulnérabilité collective face aux infections respiratoires : grippe, bronchiolite, Covid-19 et autres virus saisonniers peuvent provoquer des épidémies avec des conséquences importantes pour la santé, en particulier chez les personnes les plus fragiles. Si les traitements et les vaccinations sont des outils indispensables, il existe des mesures simples, accessibles et efficaces pour réduire la transmission au quotidien. Le port du masque, le lavage régulier des mains et l’aération des espaces clos constituent trois réflexes à retrouver et à diffuser largement cet hiver.

Pourquoi les gestes barrières restent essentiels

Les virus respiratoires se transmettent principalement par gouttelettes et aérosols expulsés lorsqu’une personne tousse, éternue, parle ou respire. Limiter la dispersion de ces particules réduit mécaniquement le risque d’infection. Les gestes barrières n’éliminent pas totalement le risque, mais ils le diminuent de façon significative et contribuent à limiter l’ampleur des épidémies et la pression sur le système de santé.

En outre, l’acceptation et la pratique régulière de ces gestes protègent non seulement l’individu qui les adopte, mais aussi son entourage, en particulier les personnes âgées, les nourrissons, les femmes enceintes et les personnes présentant des comorbidités. La combinaison des gestes barrières avec la vaccination constitue la stratégie la plus robuste pour réduire hospitalisations et formes graves.

État des lieux : où en sommes-nous ?

Après des années où ces gestes étaient largement pratiqués, les enquêtes récentes montrent une diminution de leur adoption dans la population générale. Beaucoup associent encore ces comportements uniquement à la pandémie de Covid-19 et ont tendance à les abandonner lorsque la menace paraît moins immédiate. Pourtant, la saison précédente a montré qu’une épidémie de grippe précoce et prolongée peut entraîner un fort impact sur les services de santé et une surmortalité chez les personnes âgées.

Il est donc important de rappeler que ces gestes restent pertinents face à l’ensemble des infections respiratoires hivernales, pas uniquement face à la Covid-19.

Les trois gestes à retrouver et comment les pratiquer correctement

1. Mettre un masque dès l’apparition des symptômes

Porter un masque lorsqu’on présente des symptômes (toux, fièvre, nez qui coule, maux de gorge) est l’un des premiers gestes de protection. Le masque réduit la projection de gouttelettes et limite la dispersion des agents infectieux vers l’entourage et l’environnement. Voici quelques règles simples pour un port efficace :

  • Choisir un masque adapté : un masque chirurgical ou un masque de type FFP selon le contexte et le niveau de risque. Un masque propre, sans trous et correctement ajusté est essentiel.
  • Positionner le masque : couvrir le nez, la bouche et le menton. Éviter de laisser le nez découvert ou de toucher la face externe du masque.
  • Changer de masque régulièrement : remplacer le masque s’il est humide ou souillé. Un masque chirurgical est en général à usage unique et doit être jeté après utilisation selon les consignes locales.
  • En cas de contact avec des personnes fragiles, maintenir le port du masque lors des interactions rapprochées, en particulier dans les espaces fermés.

2. Se laver les mains souvent et correctement

Le lavage régulier des mains élimine les virus et bactéries présents sur les mains, qui peuvent être transférés au visage ou à d’autres surfaces. Un lavage des mains bien fait est plus efficace qu’un rinçage rapide. Les bons gestes :

  • Durée : se laver les mains pendant au moins 20 à 30 secondes, l’équivalent d’une chanson courte ou du temps nécessaire pour réciter l’alphabet deux fois.
  • Technique : frotter la paume contre la paume, entre les doigts, le dos des mains, les pouces et les ongles. Insister sur les zones souvent oubliées comme le bout des doigts et les espaces entre les doigts.
  • Produits : utiliser de l’eau et du savon lorsque c’est possible. En l’absence d’eau et de savon, une solution hydroalcoolique contenant au moins 60% d’alcool est une alternative efficace.
  • Fréquence : avant de manger, après avoir été dans un lieu public, après s’être mouché, avoir toussé ou éternué, après avoir touché des surfaces potentiellement contaminées et avant et après les soins à une personne malade.

3. Aérer régulièrement les pièces

La ventilation réduit la concentration de particules en suspension dans l’air, y compris celles contenant des virus. Aérer n’est pas seulement ouvrir une fenêtre occasionnellement : il s’agit d’établir des habitudes régulières et ciblées pour renouveler l’air intérieur.

  • Fréquence et durée : en période de présence, ouvrir les fenêtres plusieurs fois par jour, pendant au moins 10 à 15 minutes, en privilégiant des courants d’air si possible. Lorsqu’une personne malade est présente, augmenter la fréquence d’aération.
  • Optimiser la ventilation : combiner ouverture des fenêtres opposées pour créer un courant d’air, utiliser la ventilation mécanique contrôlée (VMC) si disponible, et éviter de regrouper plusieurs personnes dans des espaces petits et peu ventilés.
  • Température et confort : aérer régulièrement ne signifie pas sacrifier le confort thermique ; une aération courte mais efficace est suffisante pour renouveler l’air sans refroidir excessivement le logement.

Mesures complémentaires et situations particulières

Outre ces trois gestes, d’autres comportements simples peuvent compléter la protection :

  • Éviter les rassemblements lorsque vous êtes malade et reportez les visites chez les personnes vulnérables si possible.
  • Nettoyer régulièrement les surfaces fréquemment touchées (poignées, téléphones, interrupteurs) lors d’une maladie dans le foyer.
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter immédiatement après usage.
  • Si vous prenez soin d’une personne malade, porter un masque et veiller à une hygiène des mains rigoureuse.

Campagne de prévention et vaccination : un double levier

Pour cette saison hivernale, les autorités de santé rappellent l’importance de coupler gestes barrières et vaccination. La campagne de vaccination ciblée vise en priorité les personnes âgées, les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques, ainsi que les professionnels de santé et les résidents en établissements collectifs. La vaccination réduit le risque de formes graves et d’hospitalisation, notamment chez les populations les plus à risque.

Il est recommandé aux personnes concernées de se renseigner auprès de leur professionnel de santé sur la meilleure protection vaccinale adaptée à leur situation. Porter un masque, se laver les mains et aérer les pièces restent des mesures valables pour tous, vaccinés ou non.

Comment mobiliser son entourage et son lieu de travail

La diffusion des gestes barrières passe aussi par la communication et l’exemplarité au quotidien. Au travail, en milieu scolaire ou dans les lieux de soin, des mesures simples peuvent être mises en place :

  • Afficher des rappels pédagogiques sur le lavage des mains et le port du masque en cas de symptômes.
  • Organiser des plages d’aération régulières dans les locaux partagés, salles de réunion et classes.
  • Faciliter l’accès aux solutions hydroalcooliques et aux mouchoirs à usage unique.
  • Encourager les personnes malades à rester à domicile et à télétravailler si possible.

Démystifier les idées reçues

Plusieurs idées fausses peuvent freiner la pratique des gestes barrières : certains pensent par exemple que le masque est inutile ou qu’aérer trop refroidit et favorise les maladies. En réalité, le masque protège les autres et, dans certaines situations, protège aussi le porteur. L’aération régulière ne provoque pas une fragilité accrue : elle diminue la concentration virale dans l’air, ce qui est favorable pour la santé.

La clé est la combinaison des mesures : aucune n’est parfaite seule, mais ensemble elles réduisent considérablement la transmission.

Conseils pratiques pour les familles

Pour les foyers avec des personnes fragiles ou des nourrissons, quelques conseils pratiques : prévoir des masques de rechange en cas de symptômes, enseigner aux enfants le lavage des mains avec des gestes ludiques, organiser des routines d’aération après le retour à la maison et limiter les visites rapprochées pendant les pics d’épidémie. Si un membre de la famille est malade, privilégier une chambre isolée et, autant que possible, une personne référente pour les soins.

Conclusion : un petit effort pour un grand bénéfice collectif

Retrouver le réflexe des gestes barrières cet hiver représente une action simple, rapide et peu coûteuse pour réduire la diffusion des virus respiratoires. En adoptant le port du masque en cas de symptômes, un lavage des mains régulier et une aération fréquente des lieux clos, chacun contribue à protéger les plus vulnérables et à préserver la capacité des services de santé. Ces gestes, conjugués à la vaccination et à des comportements responsables, forment une stratégie robuste pour traverser la saison hivernale en protégeant nos proches et la collectivité.

Adopter ces habitudes ne demande pas d’effort spectaculaire : quelques minutes et quelques gestes quotidiens suffisent pour faire la différence. Faisons-en un réflexe partagé cet hiver.

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