Santé Quotidien, votre actualité santé et bien-être

Odissé : le portail open data qui cartographie la santé en France

Santé publique France lance Odissé, un portail open data centralisant plus de 70 systèmes de surveillance et des centaines d'indicateurs pour mieux comprendre l'état de santé des populations. Accessible à tous, il propose cartes, graphiques, recherche assistée par IA et une API pour faciliter l'exploitation et la réutilisation des données.

Face à la multiplication des sources d’information et au risque de désinformation, l’accès à des données sanitaires fiables, actualisées et facilement réutilisables est devenu essentiel. Odissé est le nouveau portail open data de Santé publique France qui centralise un large éventail d’indicateurs de santé, produits grâce à plus de 70 systèmes de surveillance et à de nombreuses enquêtes. Le portail vise à rendre ces informations exploitables par tous — chercheurs, décideurs, collectivités, journalistes et grand public — afin d’améliorer la compréhension des déterminants de santé et d’appuyer les décisions en matière de prévention et de santé publique.

Pourquoi un portail open data pour la santé publique ?

La disponibilité d’indicateurs de référence sert plusieurs objectifs complémentaires : garantir la transparence scientifique, fournir des outils d’analyse pour anticiper les risques sanitaires et faciliter la veille épidémiologique. Un portail centralisé permet aussi de réduire la barrière technique à l’accès à l’information, en proposant des formats de données standardisés, des métadonnées claires et des outils de visualisation. Dans un contexte où les débats publics sont parfois alimentés par des informations erronées, un accès ouvert à des données sourcées et documentées renforce la confiance et la qualité des débats.

Ce que propose Odissé

Odissé regroupe un grand nombre d’indicateurs couvrant environ 90 pathologies ou déterminants de santé, et s’appuie sur plus de 70 systèmes de surveillance pilotés ou animés par l’agence. Les thèmes couverts incluent :

  • les maladies infectieuses (surveillance des épidémies, incidence, cas hospitalisés) ;
  • les maladies chroniques (prévalence, mortalité, morbidité) ;
  • les déterminants environnementaux et professionnels (pollution, risques liés au travail) ;
  • les comportements et facteurs de risque (consommation de tabac, d’alcool, habitudes alimentaires, activité physique) ;
  • les indicateurs de santé maternelle, infantile et de la santé mentale.

Les données sont proposées à différents niveaux géographiques : national, régional, départemental et, pour certains indicateurs, à un niveau très fin comme l’intercommunalité (EPCI). Cela permet d’observer des disparités territoriales et de mieux cibler les actions de prévention ou d’intervention.

Fonctionnalités clés et innovations technologiques

Odissé se distingue par plusieurs fonctionnalités destinées à faciliter l’exploration et la réutilisation des données :

  • Interface ergonomique : une navigation intuitive, des filtres par thème, territoire, période et catégories d’âge ou de sexe pour accéder rapidement aux données pertinentes.
  • Visualisations dynamiques : cartes interactives, graphiques et tableaux exportables qui aident à interpréter les tendances et à repérer les points d’attention.
  • Moteur de recherche assisté par intelligence artificielle : une recherche avancée facilite la découverte d’indicateurs et la formulation de requêtes complexes sans expertise technique approfondie.
  • API (interface de programmation) : un point d’accès pour les développeurs, chercheurs et collectivités souhaitant intégrer automatiquement les jeux de données dans leurs applications, tableaux de bord ou travaux de recherche.
  • Exports et formats : les indicateurs peuvent être exportés dans des formats standards (CSV, JSON, etc.), ce qui simplifie le traitement statistique et la réutilisation.

Publics visés et usages possibles

Le portail s’adresse à un public large. Les usages typiques incluent :

  • Chercheurs et universitaires : analyses longitudinale, études de corrélation, modélisation épidémiologique ou travaux sur les déterminants sociaux de la santé.
  • Services et agences de santé : surveillance territoriale, détection précoce d’anomalies, évaluation d’impact des politiques de prévention.
  • Collectivités territoriales : planification des actions de santé publique localisées, priorisation des interventions et allocation de ressources selon les besoins du territoire.
  • Journalistes et communicants : production de cartes, infographies et articles basés sur des données sourcées et contextualisées.
  • Grand public : accès à des informations accessibles et pédagogiques pour mieux comprendre les risques et les facteurs de santé affectant leur territoire.

Exemples concrets d’utilisation

Plusieurs scénarios illustrent l’intérêt d’un tel portail :

  1. Un chercheur souhaite étudier l’évolution de la prévalence du diabète sur dix ans et exporte les séries temporelles par région pour effectuer des analyses comparatives.
  2. Une collectivité territoriale cartographie les indicateurs de consommation de tabac et met en place des campagnes ciblées là où la prévalence est la plus élevée.
  3. Un journaliste prépare un dossier sur l’impact de la pollution urbaine sur l’asthme et utilise les cartes et graphiques du portail pour illustrer son article avec des données sourcées.

Bonnes pratiques de réutilisation et précautions

Bien que les données soient ouvertes et pensées pour la réutilisation, il est important de respecter certaines règles et limites méthodologiques :

  • Consulter les métadonnées : vérifier la définition des indicateurs, les populations cibles, la période couverte et la fréquence de mise à jour avant toute interprétation.
  • Attention aux petits effectifs : pour certains territoires ou catégories d’âge, les effectifs peuvent être faibles et conduire à des fluctuations importantes. Les seuils d’anonymisation ou les règles de diffusion doivent être respectés.
  • Contexte et comparabilité : prendre en compte les différences méthodologiques entre indicateurs et séries temporelles avant de comparer des valeurs.
  • Transparence sur la réutilisation : citer la source et la date d’extraction des données lorsque vous publiez une analyse ou une visualisation.

Aspects techniques et documentation

Odissé intègre des outils techniques pensés pour les utilisateurs avancés : documentation de l’API, description des schémas de données et métadonnées complètes accompagnent chaque jeu de données. Les exports en formats machine-readable et l’API permettent d’automatiser les récupérations et de construire des tableaux de bord actualisés. Parallèlement, des interfaces plus pédagogiques — cartes thématiques et tutoriels vidéo — sont proposées pour faciliter la prise en main par des utilisateurs non techniques.

Transparence, qualité et actualisation

Les indicateurs publiés sur Odissé résultent de sources variées : remontées des médecins généralistes, laboratoires de biologie, services hospitaliers, enquêtes et systèmes de surveillance. L’agence met l’accent sur la qualité des données, la traçabilité des méthodes et la fréquence de mise à jour. Néanmoins, la rapidité de publication peut varier selon la nature des systèmes de surveillance (données en temps quasi réel versus enquêtes annuelles).

Se former et démarrer

Pour aider à la prise en main, des supports pédagogiques sont disponibles sous forme de tutoriels vidéo décrivant des parcours types d’utilisateurs : recherche d’indicateurs, création de cartes, export de données et utilisation de l’API. Quelques conseils pratiques pour débuter :

  • commencer par identifier l’indicateur et la zone géographique d’intérêt ;
  • consulter les métadonnées pour comprendre les modalités de calcul et la période couverte ;
  • utiliser les filtres et la recherche pour restreindre les résultats ;
  • exporter les données au format adapté à votre analyse (CSV pour tableurs, JSON pour intégration automatisée) ;
  • si nécessaire, recourir à l’API pour des mises à jour régulières ou des intégrations automatisées.

Limites et perspectives

Odissé représente une avancée significative pour l’accès aux données de santé publique, mais plusieurs défis subsistent : homogénéiser les séries entre systèmes de surveillance, améliorer la granularité pour certains indicateurs sans compromettre l’anonymisation, et assurer une mise à jour régulière pour les séries sensibles. À terme, des améliorations peuvent inclure l’enrichissement des métadonnées, des outils d’analyse intégrés plus poussés et des services d’alerte territorialisés.

Conclusion

En centralisant des indicateurs fiables et documentés, Odissé facilite l’accès à une information scientifique de référence et encourage la réutilisation des données de santé. Ce portail contribue ainsi à une meilleure compréhension des enjeux sanitaires, à une plus grande transparence et à des décisions publiques mieux informées. Que l’on soit chercheur, décideur local, journaliste ou simple citoyen, Odissé offre des ressources pour explorer, analyser et agir en connaissance de cause.

Partager l'article

Articles sur le même thème

Autriche : à 22 ans, il choisit le suicide assisté après un Covid long — une histoire qui interroge la prise en charge de l’EM/SFC

Samuel, 22 ans, a recours au suicide assisté après des mois d’un syndrome de fatigue chronique survenu après un Covid-19, une décision qui a ému et suscité des questions sur la prise en charge des malades. Son cas pointe le manque de reconnaissance et de structures adaptées pour l’EM/SFC, et relance le débat sur l’accès à l’aide à mourir chez les jeunes.

Lire la suite

Sang rare et plasma riche en anticorps : pourquoi l’EFS encourage certains donneurs à revenir régulièrement

L’Etablissement français du sang (EFS) envoie parfois des lettres pour encourager certains donneurs à revenir : il s’agit principalement des porteurs de groupes sanguins rares et des donneurs dont le plasma contient beaucoup d’anticorps anti‑HBs. Ces dons réguliers permettent de répondre à des besoins médicaux spécifiques, comme les transfusions compliquées et la fabrication de médicaments hyperimmunes.

Lire la suite