Santé Quotidien, votre actualité santé et bien-être

Mésothéliome pleural : Santé publique France lance un appel à candidatures pour renforcer la surveillance des expositions

Santé publique France recherche des Centres Régionaux de Pathologies Professionnelles et Environnementales (CRPPE) pour conduire les enquêtes d'exposition des patients atteints de mésothéliome pleural et assurer la coordination nationale des données. Date limite de réception des candidatures : 26 novembre 2025 ; mandat du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028.

Mésothéliome pleural : appel à candidatures pour la surveillance nationale des expositions

Santé publique France lance un appel à candidatures destiné aux Centres Régionaux de Pathologies Professionnelles et Environnementales (CRPPE) afin de poursuivre et renforcer la surveillance des conditions d’exposition des patients atteints de mésothéliome pleural. L’objectif est d’assurer une couverture nationale, d’améliorer la qualité des données d’exposition et de centraliser l’expertise pour mieux caractériser les expositions à l’amiante, aux fibres minérales artificielles, aux fibres de carbone et kevlar ainsi qu’aux radiations ionisantes.

Contexte et enjeux

Depuis 1998, le pilotage de la surveillance nationale du mésothéliome pleural est assuré par Santé publique France dans le cadre du Programme national de surveillance du mésothéliome pleural (PNSM). Face aux évolutions des pratiques industrielles, aux progrès diagnostiques et à la diversité croissante des agents susceptibles de provoquer des atteintes pleurales, il est nécessaire d’adapter le dispositif de surveillance. Le nouveau système vise à compléter la surveillance de l’incidence des mésothéliomes par une surveillance robuste et standardisée des conditions d’exposition des patients.

La connaissance précise des circonstances d’exposition est essentielle pour :

  • mieux évaluer les sources d’exposition professionnelles, extra-professionnelles et environnementales ;
  • orienter les mesures de prévention et de réduction des risques ;
  • améliorer la recherche épidémiologique et l’expertise sur les agents impliqués ;
  • fournir des informations fiables aux autorités de santé, aux instances de prévention et aux patients concernés.

Objectifs du nouvel appel

Le dispositif recherché comporte deux volets complémentaires :

  • la réalisation d’enquêtes d’exposition auprès des patients atteints de mésothéliome pleural sur l’ensemble du territoire national, y compris les départements et régions d’outre-mer (DROM) ;
  • l’animation nationale du recueil des données, l’expertise sur les informations collectées et l’hébergement centralisé de la base de données nationale.

Pour assurer ces fonctions, Santé publique France prévoit de sélectionner :

  • quatre CRPPE référents interrégionaux chargés de conduire les enquêtes d’exposition sur des territoires définis ;
  • un CRPPE coordinateur responsable de l’animation nationale, de l’expertise scientifique et technique, et de l’hébergement de la base de données centralisée.

Rôle et missions des CRPPE référents

Les CRPPE référents interrégionaux auront la charge d’enquêter auprès des patients diagnostiqués avec un mésothéliome pleural afin de recueillir des données standardisées via des questionnaires dédiés. Leurs missions principales comprennent :

  • la réalisation d’entretiens et de collectes d’informations sur les conditions d’exposition professionnelles, extra-professionnelles et environnementales ;
  • l’application rigoureuse des questionnaires niv1 et niv2 prévus par le cahier des charges ;
  • la saisie et la transmission des données dans le format défini par le coordinateur ;
  • la coopération avec les autres CRPPE et le coordinateur pour assurer l’homogénéité des pratiques et la qualité des données ;
  • la participation aux actions d’amélioration continue et aux groupes de travail méthodologiques.

Rôle et missions du CRPPE coordinateur

Le CRPPE désigné comme coordinateur aura une responsabilité nationale plus large : il devra assurer l’animation du recueil, l’expertise sur les données collectées et l’hébergement d’une base nationale centralisée. Les missions attendues incluent :

  • la conception et la mise en œuvre d’un système d’information sécurisé pour centraliser les données d’exposition ;
  • la coordination méthodologique et scientifique des équipes référentes ;
  • l’analyse et l’expertise des données collectées en vue de produire des rapports et des indicateurs ;
  • la gestion technique et administrative de la base de données nationale ;
  • l’organisation de formations, d’ateliers et de retours d’expérience pour garantir la qualité et l’harmonisation des enquêtes.

Éléments mis à disposition des candidats

Les candidats disposeront d’un dossier complet précisant le cadre de la mission, les livrables attendus et les outils à utiliser. Ce dossier comprend notamment :

  • le texte intégral de l’appel à candidatures ;
  • une description générale de la surveillance du mésothéliome ;
  • le cahier des charges spécifique aux CRPPE référents ;
  • le cahier des charges spécifique au CRPPE coordinateur ;
  • les volets techniques et scientifiques pour les deux types de postes ;
  • le volet financier précisant les modalités de financement et les postes éligibles ;
  • les annexes contenant les questionnaires niv1 et niv2 destinés aux enquêtes d’exposition.

Modalités et contenu du dossier de candidature

Chaque dossier doit comporter deux volets distincts : un volet technique et scientifique, et un volet administratif et financier. Les pièces attendues sont détaillées ci-après.

Volet technique et scientifique

  • un courrier officiel d’acte de candidature émanant de l’établissement de santé hébergeant le CRPPE candidat ;
  • une note de présentation synthétique du CRPPE (2 pages maximum) décrivant le fonctionnement et l’organigramme ;
  • une déclaration publique d’intérêt du responsable du CRPPE candidat ;
  • une description succincte des activités scientifiques et techniques du CRPPE ;
  • une proposition d’organisation et un programme de travail détaillant la capacité à exercer la mission (référent interrégional ou coordinateur) pour la durée du mandat ;
  • la liste des publications des cinq dernières années illustrant l’expérience scientifique du CRPPE.

Volet administratif et financier

  • une fiche d’identité du candidat ;
  • une proposition financière présentant le budget annuel global des dépenses prévues pour la mission ;
  • la liste annuelle des personnels rémunérés impliqués dans la mission ;
  • pour les candidats au poste de coordinateur : une estimation des coûts de développement pour la constitution d’une base de données nationale et des outils informatiques associés, ainsi qu’un planning de mise en œuvre ;
  • un acte d’engagement du candidat ;
  • la copie de l’acte de désignation délivré par l’Agence régionale de santé (ARS) de l’établissement hébergeant le CRPPE.

Critères de sélection

Les candidatures seront évaluées sur plusieurs critères, parmi lesquels :

  • la qualité et la pertinence du projet technique et scientifique présenté ;
  • l’expérience et les compétences de l’équipe candidate en matière d’enquêtes d’exposition et d’expertise en pathologies professionnelles et environnementales ;
  • la capacité organisationnelle et logistique à couvrir le territoire assigné (pour les référents) ou à coordonner nationalement (pour le coordinateur) ;
  • la faisabilité et la cohérence du budget proposé ;
  • la capacité à assurer la sécurité, la confidentialité et la pérennité de la gestion des données.

Calendrier et modalités pratiques

Le mandat proposé s’étend du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028. Les dossiers de candidature doivent être transmis avant le 26 novembre 2025 à 12h. Les modalités précises de dépôt exigent un envoi électronique via la plateforme dédiée indiquée dans le dossier de l’appel à candidatures.

Pour toute demande d’information complémentaire liée à l’appel, un contact est mis à disposition : [email protected]. Les demandes de renseignements administratifs doivent être reçues au plus tard le 14 novembre 2025 afin d’être prises en compte durant la phase de sélection.

Impacts attendus

Un dispositif de surveillance renforcé et harmonisé permettra d’améliorer la connaissance des expositions liées au mésothéliome pleural, d’identifier des sources encore insuffisamment documentées et d’orienter les politiques de prévention. La constitution d’une base de données centralisée facilitera les analyses épidémiologiques, les études de tendances et la production d’indicateurs utiles aux décideurs et aux chercheurs.

Recommandations pour les candidats

Les établissements souhaitant candidater sont invités à soigner la présentation de leur volet technique, à démontrer la complémentarité de leurs compétences et à fournir un budget détaillé et réaliste. Pour les candidats au rôle de coordinateur, il est essentiel de présenter une stratégie claire pour la mise en place et la sécurisation de la base de données nationale, ainsi qu’un calendrier opérationnel précis.

Conclusion

Cette opération s’inscrit dans la continuité des actions engagées depuis plusieurs années mais avec une ambition accrue : tirer parti des expertises régionales pour construire une surveillance nationale robuste et durable des expositions liées au mésothéliome pleural. Les CRPPE intéressés disposent d’un cadre clairement défini pour soumettre leur candidature et contribuer ainsi à une meilleure prévention et à une connaissance scientifique renforcée des expositions à risque.

Informations pratiques

  • Date limite d’envoi des candidatures : 26 novembre 2025 à 12h.
  • Période de mandat visée : du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028.
  • Contact pour questions : [email protected] (réponses possibles jusqu’au 14 novembre 2025).
Partager l'article

Articles sur le même thème

Journée mondiale 2025 — VIH et IST : dépister pour mieux prévenir, que révèlent les données 2024 ?

En 2024, près de 5 100 personnes ont découvert leur séropositivité et 43 % des infections à VIH ont été diagnostiquées à un stade tardif, soulignant l’importance du dépistage précoce. Face à la hausse des diagnostics d’IST et aux inégalités sociales qui freinent l’accès aux tests, la prévention ciblée et l’accessibilité des dépistages restent essentielles.

Lire la suite

Vous avez un sang « rare » ou des anticorps anti‑hépatite B ? L’EFS vous encourage à donner régulièrement

L’Etablissement français du sang (EFS) invite certains donneurs à revenir plus souvent : ceux porteurs de groupes sanguins rares et ceux ayant un niveau élevé d’anticorps anti‑HBs. Ces donneurs permettent non seulement de répondre à des besoins transfusionnels spécifiques mais aussi de fournir du plasma utile à la fabrication de médicaments préventifs contre l’hépatite B.

Lire la suite