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Journée mondiale contre le sida 2025 : dépister et prévenir pour freiner le VIH et les IST

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida 2025, les données 2024 confirment l’importance du dépistage précoce et d’une prévention ciblée pour réduire la transmission du VIH et des infections sexuellement transmissibles. L’accès facilité au dépistage et des actions adaptées aux jeunes et aux populations les plus exposées sont essentiels pour inverser les tendances observées.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le bilan des données de surveillance 2024 rappelle que le dépistage et la prévention restent au cœur de la lutte contre le VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST). En France, environ 5 100 personnes ont découvert leur séropositivité en 2024, et près de la moitié des diagnostics sont encore tardifs, ce qui souligne la nécessité de maintenir et d’amplifier les dispositifs d’accès au dépistage et aux outils de protection.

Des chiffres qui interpellent : l’importance du dépistage précoce

Les derniers chiffres montrent qu’en 2024, 43 % des infections à VIH ont été diagnostiquées à un stade tardif, dont 27 % à un stade avancé. Ces retards de diagnostic augmentent les risques de complications pour les personnes concernées et favorisent la transmission involontaire. Ils illustrent aussi les inégalités d’accès au dépistage liées aux déterminants sociaux, à l’origine, à l’âge et à la situation socio-économique.

Parmi les populations touchées, on observe des différences notables :

  • Hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) nés en France : stabilité des découvertes après une période de baisse. Environ 48 % des diagnostics chez ces personnes sont précoces.
  • HSH nés à l’étranger : stabilisation des diagnostics après une hausse, avec une part importante de contaminations survenues après l’arrivée en France.
  • Personnes hétérosexuelles nées à l’étranger : légère baisse en 2024 après une hausse, mais un faible taux de diagnostics précoces et une proportion importante de contaminations après l’arrivée en France.
  • Personnes hétérosexuelles nées en France : stagnation des découvertes, avec une part élevée de diagnostics tardifs ou avancés.
  • Personnes trans et usagers de drogues injectables : petites proportions de diagnostics mais des indicateurs préoccupants, notamment un fort taux de coinfection et une part importante de diagnostics tardifs.

Prise en charge et charges virales indétectables

En 2023, on estimait à environ 181 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH en France. Parmi elles, 94 % étaient diagnostiquées, 96 % des diagnostiquées bénéficiaient d’un traitement antirétroviral et, parmi celles traitées, 97 % avaient une charge virale indétectable au seuil de 200 copies par millilitre. Une charge virale indétectable signifie que la personne n’est pas infectieuse pour ses partenaires, ce qui confirme l’efficacité des traitements antirétroviraux pour prévenir la transmission quand l’accès aux soins est assuré.

Augmentation du dépistage et des diagnostics d’IST

Entre 2022 et 2024, on a observé une hausse du dépistage et des diagnostics d’IST. Cette tendance est en partie liée à l’amélioration de l’accès au dépistage : depuis 2022, le dépistage du VIH peut se faire en laboratoire sans ordonnance et sans avance de frais ; depuis septembre 2024, ce dispositif a été étendu à quatre autres IST et prévoit une prise en charge financière renforcée pour les jeunes. Ces mesures facilitent les tests, notamment chez les 18-25 ans, population dans laquelle la progression des dépistages est la plus marquée.

Les tendances en matière d’IST sont préoccupantes chez les jeunes : les diagnostics d’infection à gonocoque ont augmenté de 38 % entre 2022 et 2024 chez les 15-25 ans. Les hommes, et en particulier les HSH, restent surreprésentés pour la syphilis et la gonococcie, alors que le dépistage remboursé concerne surtout les femmes. La syphilis chez les femmes a connu une hausse, avec un risque accru de transmission materno‑foetale dans certaines zones, notamment les départements et régions d’outre‑mer.

Mon test IST : élargir l’accès au dépistage

Le dispositif de dépistage sans ordonnance en laboratoire, appelé Mon test IST, permet de tester cinq infections (VIH, chlamydiose, gonococcie, syphilis et hépatite B) avec une prise en charge financière partielle ou totale selon l’âge. Pour les 18-25 ans, le coût est pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, et partiellement pour les autres. Les premiers mois d’utilisation de ce dispositif ont montré une forte mobilisation des jeunes : entre septembre et décembre 2024, la part des 18-25 ans parmi les personnes dépistées via ce dispositif a été très importante, et le nombre mensuel de jeunes testés pour le VIH a doublé.

Prévention ciblée : pour qui et comment ?

Certaines populations présentent un risque plus élevé et nécessitent des actions de prévention adaptées : HSH multipartenaires, personnes originaires d’Afrique subsaharienne, jeunes, personnes trans, et usagers de drogues injectables. La prévention ciblée consiste à combiner plusieurs outils :

  • Promotion du préservatif pour réduire immédiatement le risque de transmission des IST et du VIH.
  • Accès à la PrEP (prophylaxie pré-exposition) pour les personnes à risque élevé de contamination par le VIH.
  • Dépistage régulier et précoce pour détecter rapidement les infections et engager un traitement efficace.
  • Vaccination contre l’hépatite B pour les personnes non immunisées et information sur la prévention des coinfections.
  • Programmes de réduction des risques pour les usagers de drogues injectables, incluant l’échange de matériel et l’accompagnement vers des soins.

Agir sur les déterminants sociaux

Les inégalités sociales ont un impact majeur sur la santé sexuelle : niveau d’éducation, précarité, stigmatisation, difficultés d’accès aux services de santé et barrière linguistique freinent le dépistage et l’accès au traitement. Les actions efficaces intègrent donc des approches communautaires, des campagnes adaptées culturellement, des interventions en milieu scolaire et des services de santé de proximité garantissant confidentialité et non‑discrimination.

Messages clés pour le grand public

  • Se faire dépister régulièrement : le dépistage permet de détecter tôt et de mettre en place un traitement qui protège la santé et empêche la transmission.
  • Connaître et utiliser les moyens de prévention : préservatif, PrEP, vaccination quand elle est recommandée.
  • Ne pas attendre les symptômes : beaucoup d’IST sont asymptomatiques en phase initiale.
  • Consulter un professionnel en cas de doute et demander conseil sur la fréquence de dépistage adaptée à sa situation.

Initiatives et mobilisation locale

Autour de la Journée mondiale, des actions locales et nationales renforcent la visibilité des dispositifs de prévention et de dépistage. Des campagnes ciblées sont mises en œuvre pour encourager les HSH à se tester trimestriellement lorsqu’ils ont plusieurs partenaires, et des évènements communautaires cherchent à toucher les jeunes et les populations les plus éloignées des soins. Ces initiatives s’appuient sur des partenariats entre les acteurs de terrain, les associations et les services de santé publique.

Rôle des professionnels de santé et des acteurs de terrain

Les professionnels de santé ont un rôle central : proposer le dépistage systématique lorsque le contexte clinique ou comportemental le justifie, informer sur la PrEP et les moyens de prévention, et orienter vers des structures compétentes. Les associations et les équipes de prévention contribuent à créer un climat de confiance et à proposer des réponses adaptées, notamment pour les personnes en situation de précarité ou éloignées du système de santé.

Conclusion : maintenir l’effort pour réduire les inégalités

Les données 2024 mettent en évidence des avancées importantes en matière d’accès au dépistage, mais aussi des limites persistantes : trop de personnes découvrent leur infection trop tard, et certaines populations restent particulièrement exposées. Pour progresser, il faut poursuivre l’élargissement des dispositifs de dépistage sans ordonnance, renforcer les actions de prévention ciblées, agir sur les déterminants sociaux et garantir l’accessibilité des soins pour tous.

La Journée mondiale de lutte contre le sida 2025 est l’occasion de rappeler que dépistage, traitement et prévention combinés permettent de réduire durablement la transmission du VIH et des IST. Agir aujourd’hui, c’est protéger la santé individuelle et collective de demain.

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