Pourquoi rappeler les gestes barrières cet hiver ?
Chaque hiver, les infections respiratoires aiguës telles que la grippe, la bronchiolite ou la Covid-19 provoquent des vagues d’affections qui pèsent lourdement sur la santé publique et les services de soins. L’hiver 2024-2025 a été particulièrement marqué par une épidémie de grippe précoce, prolongée et d’une sévérité notable : impacts importants sur les consultations en ville et les admissions hospitalières, ainsi qu’un nombre significatif de décès chez les personnes de 65 ans et plus. Dans ce contexte, les gestes barrières restent des moyens simples et efficaces pour réduire la transmission des virus respiratoires et limiter les formes graves.
Les gestes barrières sont moins appliqués qu’avant
Des enquêtes menées en 2024 ont montré une baisse d’adhésion aux gestes barrières par rapport aux premiers mois de la pandémie de Covid-19. Selon l’étude CoviPrev de 2024, une majorité de personnes déclaraient respecter ces gestes moins fréquemment qu’au début de la crise sanitaire. Le port du masque est particulièrement délaissé : seulement une minorité déclare l’utiliser systématiquement en cas de symptômes ou en présence de personnes vulnérables, alors qu’une part non négligeable affirme ne jamais le porter. De même, un petit pourcentage déclare ne jamais pratiquer le lavage des mains dans les situations à risque.
La campagne de sensibilisation 2025 : objectifs et messages clés
Face à cette érosion des comportements protecteurs, Santé publique France, en partenariat avec le Ministère chargé de la santé et l’Assurance Maladie, a lancé une campagne de prévention à partir du 25 octobre 2025. L’objectif est simple : rappeler et encourager la pratique de trois gestes essentiels recommandés par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) :
- mettre un masque dès l’apparition de symptômes respiratoires (toux, fièvre, nez qui coule) ;
- se laver les mains régulièrement et correctement ;
- aérer les pièces fréquemment pour renouveler l’air intérieur.
La campagne se déroule en deux temps : un dispositif grand public avec spots télévisés, messages radio et affichage dans les lieux de transport et de soins, puis une phase prolongée jusqu’à février 2026 ciblant prioritairement les populations à risque (personnes de 65 ans et plus, femmes enceintes, nourrissons et personnes avec comorbidités) avec des messages pédagogiques détaillés.
Comment et quand porter un masque ?
Le port du masque est recommandé dès les premiers signes d’une infection respiratoire. Voici des conseils pratiques pour un port efficace :
- choisir un masque bien ajusté qui couvre le nez et la bouche sans laisser d’espaces latéraux ;
- changer de masque dès qu’il devient humide ou souillé ;
- éviter de manipuler la face avant du masque ; se défaire du masque en s’appuyant sur les élastiques ou les liens et se laver les mains immédiatement après ;
- porter un masque en présence de personnes fragiles, dans les lieux très fréquentés ou clos et lors d’un trajet en transport en commun si l’on présente des symptômes.
Le masque protège les autres en réduisant la projection de gouttelettes contaminantes et contribue, indirectement, à limiter la pression sur le système de santé.
Bien se laver les mains : technique et fréquence
Le lavage des mains reste un réflexe incontournable. Une technique simple et efficace se décline en quelques étapes : mouiller les mains, appliquer du savon, frictionner toutes les surfaces des mains (paumes, dos, espaces interdigitaux, ongles) pendant au moins 20 secondes, rincer et sécher soigneusement. En l’absence de savon et d’eau, une solution hydroalcoolique peut être utilisée, en veillant à appliquer une quantité suffisante et à frotter jusqu’à complète évaporation.
Les moments clés pour se laver les mains sont :
- après avoir toussé, éternué ou s’être mouché ;
- avant et après un contact avec une personne vulnérable ;
- avant de préparer ou de consommer un repas ;
- après être allé aux toilettes ;
- après un trajet en transport en commun ou un contact avec des surfaces fréquemment touchées (poignées, terminaux, rampes).
Aérer : combien de temps et à quelle fréquence ?
La ventilation des espaces intérieurs réduit la concentration de virus en suspension. Quelques règles pratiques :
- aérer plusieurs fois par jour, idéalement 10 à 15 minutes par ouverture complète de fenêtre ;
- si la température extérieure est très basse, privilégier des aérations courtes et fréquentes plutôt que de laisser une fenêtre entrebâillée toute la journée ;
- en présence d’une personne malade, augmenter la fréquence d’aération et, si possible, isoler la personne dans une pièce bien ventilée ;
- penser à la ventilation mécanique lorsqu’elle existe (VMC) et vérifier son bon fonctionnement.
Ces mesures simples participent à diminuer le risque de transmission aérienne et sont complémentaires du port du masque et du lavage des mains.
Qui est prioritaire pour la vaccination hivernale ?
La campagne de vaccination automnale 2025-2026, lancée le 14 octobre 2025 et programmée jusqu’au 31 janvier 2026, vise en priorité les personnes susceptibles de développer des formes graves :
- les personnes âgées de 65 ans et plus ;
- les personnes immunodéprimées ;
- les femmes enceintes ;
- les personnes atteintes de maladies chroniques ;
- les résidents en établissements collectifs (EHPAD) et les professionnels de santé.
Pour les personnes âgées, des vaccins spécifiquement recommandés cette année incluent des formulations à dose augmentée ou avec adjuvant afin d’améliorer la réponse immunitaire. La vaccination demeure le moyen le plus efficace pour réduire le risque de formes graves et d’hospitalisations.
Adapter les gestes au quotidien : conseils pour la maison, le travail et les lieux publics
Adopter les gestes barrières ne signifie pas vivre dans la peur, mais intégrer des réflexes pratiques et faciles à mettre en œuvre :
- à la maison : si un membre de la famille est malade, prévoir son isolement temporaire dans une pièce, limiter les contacts rapprochés, porter un masque lors des interactions et aérer régulièrement ;
- au travail : maintenir une bonne hygiène des mains, organiser des pauses aération des locaux, prévoir des masques à disposition pour les salariés symptomatiques ;
- dans les transports et lieux fermés : porter un masque lorsqu’on est symptomatique et éviter les heures de forte affluence si possible ;
- pour les proches de personnes fragiles : réduire les contacts lorsque l’on présente des signes d’infection et favoriser les échanges à distance ou en extérieur.
Communiquer et sensibiliser sans stigmatiser
Les messages de prévention doivent être clairs, accessibles et respectueux. Il est important d’expliquer pourquoi ces gestes restent utiles contre différentes infections respiratoires, et non seulement contre la Covid-19. Une communication factuelle, accompagnée de démonstrations pratiques (comment poser un masque, technique de lavage des mains, durée d’aération), facilite l’appropriation par tous les publics, y compris les personnes âgées et les familles avec de jeunes enfants.
Ce que chacun peut faire dès aujourd’hui
- Rappeler à son entourage l’importance de se couvrir la bouche et le nez en cas de symptômes et de porter un masque si nécessaire.
- Reprendre le réflexe du lavage des mains fréquent et apprendre aux enfants la bonne technique.
- Penser à aérer son logement plusieurs fois par jour, même en hiver.
- Se renseigner sur la campagne de vaccination si l’on fait partie des catégories prioritaires et, le cas échéant, prendre rendez-vous.
- Soutenir les personnes fragiles en limitant les visites si l’on est malade et en proposant de l’aide à distance ou des courses.
Conclusion
Les gestes barrières — port du masque en cas de symptômes, lavage régulier des mains et aération des espaces — sont des mesures simples, peu coûteuses et efficaces pour réduire la transmission des virus hivernaux. Dans un contexte où leur adoption a diminué, la campagne lancée à l’automne 2025 rappelle que ces réflexes, cumulés à la vaccination des populations vulnérables, contribuent à protéger les plus fragiles et à alléger la pression sur le système de santé. Retrouver ces habitudes, c’est un geste collectif utile à chacun.