Ces dernières années, une tendance inquiétante a été observée dans le domaine de la santé publique : une hausse significative des cas de cancer colorectal chez les jeunes adultes, notamment ceux nés dans les années 1980 et 1990. Ce phénomène attire l’attention des experts du monde entier, car il défie les tendances établies de cette maladie généralement diagnostiquée chez les personnes âgées.
Un état des lieux alarmant
Le décès récent de l’acteur américain James Van Der Beek à l’âge de 48 ans a remis ce problème sous les feux des projecteurs. Connu pour son rôle dans la série télévisée « Dawson », son décès survient après une bataille contre le cancer colorectal, une maladie qui touche à la fois le côlon et le rectum. Ce cas reflète une tendance plus large où de plus en plus de personnes relativement jeunes sont diagnostiquées avec cette condition.
Ce phénomène n’est pas isolé. Chadwick Boseman, un autre acteur américain célèbre pour son rôle dans « Black Panther », a également succombé à cette maladie en 2020, à l’âge de 43 ans. Selon une étude publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, les personnes nées dans les années 1990 sont environ quatre fois plus susceptibles de développer un cancer colorectal que celles nées dans les années 1960. Ces statistiques proviennent de recherches menées en Australie, au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Analyse des données
D’après une étude récente parue dans la revue JAMA, le cancer colorectal est désormais la principale cause de décès par cancer chez les moins de 50 ans aux États-Unis. Ce renversement de tendance est qualifié de « vraiment effrayant » par Helen Coleman, professeure en cancérologie à la Queen’s University de Belfast. Cependant, elle souligne que malgré une augmentation, le chiffre reste relativement faible avec seulement 6 % des diagnostics de cancer colorectal concernant des personnes de moins de 50 ans.
Notamment, les taux de cancer colorectal chez les personnes âgées commencent à se stabiliser, voire à diminuer dans certaines régions, en grande partie grâce à l’amélioration des techniques de dépistage. Cependant, chez les jeunes, le diagnostic tardif est plus fréquent, souvent parce qu’ils ne soupçonnent pas cette maladie chez eux, ce qui a été tragiquement le cas pour Van Der Beek.
Les causes possibles de cette hausse
Plusieurs facteurs de risque traditionnels sont souvent pointés du doigt, comme le surpoids, une mauvaise alimentation, le manque d’exercice physique, la consommation d’alcool et le tabagisme. Pourtant, ces éléments ne suffisent pas à expliquer « l’augmentation considérable observée en un laps de temps relativement court », observe Helen Coleman. De nombreux patients jeunes diagnostiqués, comme James Van Der Beek, pratiquaient pourtant une bonne hygiène de vie avant leur maladie.
Certains chercheurs, comme Jenny Seligmann de l’Université de Leeds, explorent des causes potentielles inexpliquées, évoquant notamment le rôle du microbiote intestinal. Une étude publiée dans la revue Nature a découvert que certaines bactéries, telles qu’Escherichia coli, pourraient produire des génotoxines comme la colibactine, capables de provoquer des mutations génétiques associées au cancer.
Le besoin urgent de plus de recherches
Cette hausse inexpliquée a déclenché une multitude d’études visant à découvrir des pistes complémentaires. Par exemple, une exposition répétée aux antibiotiques pourrait également être un facteur de risque. Cependant, ces voies restent à confirmer par des recherches ultérieures.
Symptômes et détection
Dans ce contexte de hausse des cas chez les jeunes, l’importance du dépistage précoce est plus que jamais soulignée. Les symptômes incluent souvent une diarrhée ou une constipation persistante, du sang dans les selles, une perte de poids inexpliquée, et une fatigue chronique. Aux États-Unis, l’âge pour commencer le dépistage a été abaissé de 50 à 45 ans, en réponse à cette alarmante tendance. D’autres pays comme le Royaume-Uni et la France sont encouragés à suivre cet exemple, car une détection précoce est souvent cruciale pour améliorer le pronostic.
James Van Der Beek avait, avant son décès, appelé à une plus grande sensibilisation en exhortant tous ceux de 45 ans et plus à consulter régulièrement un médecin lorsqu’ils notent certains de ces signes.
En conclusion, l’augmentation des cas de cancer colorectal chez les jeunes est un défi de santé publique nécessitant une action et des recherches accrues. Comprendre les raisons sous-jacentes à cette hausse reste essentiel pour prévenir efficacement ces cas et améliorer les résultats pour les patients touchés.