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Dermatose nodulaire : levée massive des zones réglementées, mais les bovins resteront absents du Salon

La ministre de l'Agriculture a annoncé la levée de la quasi-totalité des zones réglementées liées à la dermatose nodulaire contagieuse, après l'absence de nouveaux cas depuis le 2 janvier. Malgré l'amélioration sanitaire, les organismes de sélection ont décidé de ne pas présenter de bovins au Salon de l'agriculture par précaution et solidarité.

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé vendredi la levée de la quasi-totalité des zones réglementées mises en place en France pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « Le temps et le protocole choisi nous ont donné raison, puisque depuis le 2 janvier, nous n’avons plus aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse », a déclaré la ministre sur France Inter, précisant que toutes les zones réglementées étaient levées sauf « un tout petit morceau des Pyrénées-Orientales, qui dépend d’un cas en Espagne ». Cette décision marque un tournant dans la gestion de l’épidémie qui a mobilisé éleveurs, vétérinaires et autorités depuis l’apparition des premiers cas en juin dernier.

Quelles conséquences pour les zones concernées ?

La principale conséquence de cette décision est la transformation d’une vaste portion du Sud-Ouest, jusqu’alors classée « zone réglementée », en « zone vaccinale ». Concrètement, cela signifie la levée de la majorité des restrictions imposées aux mouvements d’animaux au sein du pays. Toutefois, des règles demeurent en matière d’exportation : les sorties d’animaux vers des pays tiers restent soumises à des déclarations sanitaires et, dans de nombreux cas, à des accords bilatéraux entre États.

La levée générale des mesures intervient après plusieurs mois d’un protocole sanitaire fondé sur deux axes principaux : l’abattage de l’ensemble des animaux d’un foyer dès la détection d’un cas, pour couper les chaînes de transmission, et la vaccination massive des cheptels dans les zones les plus exposées. Selon le gouvernement, près de deux millions de bovins ont été vaccinés depuis le début de l’épisode épidémique en France, en juin.

La situation sanitaire au 20 février

Le bilan communiqué par la ministre indique l’absence de nouveaux cas détectés depuis le 2 janvier. Sur l’ensemble de l’épisode, un peu plus de 3 500 bovins ont été abattus, sur un cheptel national d’environ 16 millions de têtes. Des campagnes de vaccination seront reconduites dans certaines zones au cours de 2026, afin de maintenir un niveau de protection et prévenir une résurgence.

Pourquoi un fragment des Pyrénées-Orientales reste-t-il sous surveillance ?

La persistance d’une infime zone réglementée dans les Pyrénées-Orientales est liée à un foyer identifié de l’autre côté de la frontière espagnole. Les autorités françaises expliquent que la proximité géographique et les échanges transfrontaliers imposent une surveillance locale renforcée tant que ce foyer n’est pas résolu. Les mesures en place dans ce secteur sont ciblées et proportionnées afin d’éviter une propagation transfrontalière tout en limitant l’impact économique pour les éleveurs locaux.

Vaccination et abattage : bilan et choix stratégiques

La stratégie française a combiné abattage préventif des troupeaux touchés et vaccination large des cheptels. L’objectif affiché était double : enrayer rapidement la diffusion de la maladie et protéger les élevages avoisinants. Le recours systématique à l’abattage total d’un foyer dès l’apparition d’un cas a suscité des débats au sein du monde agricole et de la communauté vétérinaire, certains syndicats demandant des assouplissements.

Le gouvernement soutient que cette politique, couplée à la vaccination, a permis de maîtriser l’épidémie et d’éviter un nombre de cas beaucoup plus élevé. Le chiffre de près de deux millions de bovins vaccinés témoigne de l’ampleur de la mobilisation. La vaccination restera un outil central dans les zones à risque en 2026, notamment pour les troupeaux exposés aux vecteurs transmettant la maladie.

Transmission de la maladie

La dermatose nodulaire est principalement transmise par des insectes piqueurs, en particulier certains moucherons, qui peuvent propager le virus d’un animal à l’autre. Cela rend la maîtrise de l’épidémie plus complexe, car les vecteurs se déplacent et ne respectent pas les frontières administratives. Les mesures de biosécurité, la surveillance des signes cliniques et la vaccination ciblée sont donc des leviers essentiels pour limiter la circulation du virus.

Absence inédite des bovins au Salon de l’agriculture

Pour la première fois depuis la création du Salon de l’agriculture en 1964, des bovins ne seront pas présentés. Les organismes de sélection des races ont décidé, « par précaution et par solidarité » avec les éleveurs affectés par la dermatose, de ne pas exposer leurs animaux cette année. À la veille de l’ouverture du salon, la ministre a indiqué qu’elle respectait cette décision et a souligné qu’il ne s’agit pas d’un boycott politique mais d’une mesure de prudence sanitaire : « Il n’y aura pas de boycott du Salon de l’agriculture, le fait qu’il n’y ait pas de bovins résulte plutôt d’une prudence sanitaire que d’une décision politique. »

Cette absence marque symboliquement l’impact de la crise sur la filière bovine et sur les fêtes agricoles. Le Salon, rendez-vous majeur pour les éleveurs, les sélectionneurs et le grand public, perd cette année une de ses composantes historiques, au moment même où les professionnels espèrent une stabilisation de la situation sanitaire.

Réactions et tensions au sein de la profession

La stratégie gouvernementale n’a pas fait l’unanimité. L’alliance majoritaire FNSEA-JA a soutenu la politique d’abattage et de vaccination, estimant que des mesures fortes étaient nécessaires pour protéger l’ensemble du cheptel. En revanche, la Coordination rurale et la Confédération paysanne ont exprimé des réserves et demandé un assouplissement du dispositif, pointant les conséquences économiques et sociales des sacrifices d’animaux et des restrictions imposées à certains élevages.

Les débats ont porté sur l’équilibre entre mesures sanitaires strictes et soutien aux exploitations touchées. Les syndicats opposés au protocole ont appelé à des solutions alternatives, telles que des stratégies de ciblage plus fin et des compensations adaptées pour les éleveurs concernés.

Ce que cela change pour les éleveurs

Pour la majorité des exploitations situées hors de la petite zone résiduelle des Pyrénées-Orientales, la levée des restrictions est synonyme d’un retour progressif à la normale : mouvements d’animaux moins contraints, reprise des activités commerciales internes, et allègement des impératifs administratifs quotidiens. Toutefois, la prudence reste de mise :

  • Les exportations d’animaux continuent d’exiger des déclarations sanitaires et, souvent, des accords bilatéraux entre pays importateurs et exportateurs.
  • La vaccination restera recommandée et parfois obligatoire dans les zones vaccinales déterminées pour 2026.
  • La surveillance vétérinaire et la notification rapide des signes cliniques demeurent essentielles pour éviter de nouveaux foyers.

Les éleveurs seront aussi attentifs aux modalités d’indemnisation pour les animaux abattus et aux dispositifs d’accompagnement économique et psychologique mis en place par les pouvoirs publics et les organismes professionnels.

Rappels pratiques et recommandations

Face à une maladie transmise par des insectes, quelques bonnes pratiques restent recommandées :

  1. Maintenir une vigilance sanitaire renforcée sur les troupeaux, signaler rapidement toute apparition de lésions cutanées ou d’état général altéré.
  2. Appliquer les mesures de biosécurité (limitation des contacts entre troupeaux, gestion des déplacements de matériel et des personnes).
  3. Consulter son vétérinaire pour définir une stratégie de vaccination adaptée au contexte local et au statut sanitaire du troupeau.

Perspectives

La levée des zones réglementées constitue une étape encourageante, mais elle ne signifie pas la fin complète du risque épidémique. La présence d’un foyer à proximité en Espagne et la nature vectorielle de la maladie imposent une surveillance continue et une disponibilité des outils de prévention, notamment la vaccination. Les prochains mois seront déterminants pour confirmer la fin de cet épisode et éviter une reprise de la circulation virale.

Pour les acteurs de la filière, l’enjeu est désormais de consolider les acquis sanitaires tout en préparant la reprise économique et sociale des activités liées à l’élevage bovin. Le Salon de l’agriculture, privé de bovins cette année, restera un rappel fort de l’impact des crises sanitaires sur le monde agricole.

En bref

La France lève la quasi-totalité des zones réglementées liées à la dermatose nodulaire après l’absence de nouveaux cas depuis le 2 janvier. Une petite zone des Pyrénées-Orientales reste sous surveillance à cause d’un foyer en Espagne. Près de deux millions de bovins ont été vaccinés et plus de 3 500 ont été abattus. Les bovins ne seront pas présentés au Salon de l’agriculture, décision prise par les organismes de sélection par précaution et solidarité.

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