Chaque hiver, les virus respiratoires circulent plus fortement et entraînent une augmentation des infections comme la grippe, la bronchiolite et la Covid-19. Ces infections ont des conséquences importantes sur la santé des personnes et sur le fonctionnement du système de soins, en particulier chez les personnes âgées, les jeunes enfants et les personnes fragiles. Pour limiter leur propagation, il est primordial de renouer avec des gestes simples et efficaces : porter un masque dès les premiers symptômes, se laver les mains régulièrement et aérer les pièces.
Pourquoi ces gestes restent essentiels
Les gestes barrières agissent comme une barrière physique et comportementale contre la transmission des agents infectieux. Ils complètent la prévention vaccinale et les traitements prophylactiques (comme certains anticorps monoclonaux) en réduisant la probabilité de contamination au quotidien. Lorsque ces gestes sont appliqués de façon collective et régulière, ils diminuent la circulation virale et protègent les plus vulnérables.
Un constat préoccupant
Les enquêtes réalisées ces dernières années montrent une baisse significative de l’application des gestes barrières. Selon une étude menée en 2024, de nombreuses personnes déclarent moins respecter ces mesures qu’au début de la pandémie de Covid-19. Le port du masque est particulièrement délaissé : seuls 13 % des répondants signalaient le porter systématiquement en présence de symptômes, autour de personnes fragiles ou dans les lieux très fréquentés, tandis que 43 % déclaraient ne jamais le porter. De même, une minorité signale se laver les mains systématiquement dans les mêmes situations à risque.
Les trois gestes-clés à réactiver cet hiver
Face à cette tendance, la campagne nationale de prévention met l’accent sur trois gestes simples mais puissants :
- Porter un masque dès l’apparition des premiers symptômes (toux, fièvre, nez qui coule, maux de gorge).
- Se laver souvent et correctement les mains, au savon ou avec une solution hydroalcoolique quand le savon n’est pas disponible.
- Aérer régulièrement les pièces pour renouveler l’air et diminuer la concentration de virus en suspension.
Port du masque : quand et comment ?
Le masque doit devenir un réflexe dès les premiers signes de maladie respiratoire. Il réduit la projection de gouttelettes expiratoires infectieuses et protège l’entourage. Il est recommandé :
- De porter un masque dans les transports en commun, les espaces fermés et lors de visites auprès de personnes fragiles.
- De choisir un masque adapté : un masque chirurgical ou un masque de type FFP2 pour les personnes à risque élevé ou en contexte de forte exposition.
- De changer de masque s’il est humide, souillé ou après plusieurs heures d’utilisation, et de le jeter ou le stocker proprement selon les recommandations sanitaires en vigueur.
Lavage des mains : technique et moments clés
Le lavage des mains reste l’un des gestes les plus efficaces pour prévenir la transmission. Quelques conseils pratiques :
- Se savonner les mains pendant au moins 20 secondes, en frottant paumes, dos des mains, espaces interdigitaux et ongles.
- S’essuyer avec une serviette propre ou à défaut utiliser un séche-mains propre.
- Utiliser une solution hydroalcoolique quand on n’a pas accès à de l’eau et du savon, notamment après avoir été en contact avec des surfaces ou des personnes susceptibles d’être malades.
Aération des pièces : mode d’emploi
Renouveler l’air intérieur est une mesure essentielle souvent sous-estimée. Les environnements clos favorisent l’accumulation d’aérosols viraux. Pour aérer efficacement :
- Ouvrir grand les fenêtres plusieurs fois par jour, idéalement 10 à 15 minutes, même en hiver.
- Favoriser les flux transversaux d’air en ouvrant des fenêtres opposées lorsque possible.
- En cas de forte occupation d’une pièce (réunions, classes, transports), augmenter la fréquence et la durée de l’aération.
- Utiliser un détecteur de CO2 pour évaluer la qualité de l’air intérieur. Une valeur élevée indique une ventilation insuffisante et un risque accru de transmission par aérosols.
La campagne nationale : objectifs et public visé
La campagne lancée fin octobre vise à rappeler ces gestes à l’ensemble de la population et à renforcer la protection des personnes à risque. D’abord destinée au grand public par le biais de spots TV, de messages radio et d’affichage dans les lieux de forte affluence (gares, transports, établissements de santé), elle se prolonge ensuite, jusqu’en février, par des messages ciblés à destination des personnes âgées, des femmes enceintes, des nourrissons et des personnes présentant des comorbidités.
Messages pédagogiques et supports
Outre des messages de sensibilisation grand public, des contenus plus détaillés précisent :
- Les modalités de port correct du masque (ajustement, durée, remplacement).
- Les alternatives et bonnes pratiques quand le savon n’est pas disponible (usage de solution hydroalcoolique).
- Les conseils spécifiques pour protéger les environnements accueillant des personnes fragiles (EHPAD, maternités, crèches, cabinets médicaux).
Vaccination automnale : une complémentarité importante
La vaccination reste le pilier central de la prévention des formes graves. La campagne de vaccination automnale a pour objectif de protéger les populations les plus vulnérables contre la grippe et la Covid-19. Les personnes à priorité incluent les plus de 65 ans, les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques, ainsi que les résidents et le personnel des établissements de soins.
Quel vaccin pour qui ?
Pour les personnes de 65 ans et plus, les vaccins recommandés peuvent inclure des formulations adaptées (vaccins hautement dosés ou adjuvantés) afin d’améliorer la réponse immunitaire. Les vaccins de dose standard restent utilisables selon les disponibilités et les indications individuelles. Se faire vacciner chaque année contre la grippe et, si recommandé, contre la Covid-19, réduit le risque d’hospitalisation et de complications sévères.
Mesures additionnelles et comportements responsables
Outre les trois gestes clés, d’autres comportements contribuent à limiter la transmission :
- Rester à la maison en cas de symptômes, éviter les contacts rapprochés avec des personnes vulnérables et reporter les visites si possible.
- Appliquer l’étiquette respiratoire : tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir jetable, puis jeter le mouchoir immédiatement et se laver les mains.
- Nettoyer et désinfecter les surfaces fréquemment touchées (poignées de porte, interrupteurs, téléphones) notamment si une personne de la maison est malade.
- Veiller à la ventilation mécanique quand elle est disponible (VMC) et en assurer le bon fonctionnement.
Pourquoi agir collectivement ?
Les gestes individuels prennent toute leur efficacité lorsqu’ils sont adoptés au niveau collectif. Moins de circulation virale signifie moins d’hospitalisations, moins de surcharges pour les services d’urgence et une protection renforcée pour les personnes les plus fragiles. C’est un effort partagé qui sauve des vies et préserve la continuité des soins.
Points clés à retenir
- Porter un masque dès les premiers signes de maladie permet de protéger son entourage.
- Se laver les mains fréquemment et correctement reste une mesure simple et très efficace.
- Aérer régulièrement les pièces réduit la concentration d’aérosols et diminue le risque de transmission.
- La vaccination annuelle contre la grippe et, le cas échéant, la vaccination contre la Covid-19, restent essentielles pour les personnes à risque.
Conclusion : adopter des réflexes durables
Retrouver le réflexe des gestes barrières n’est pas une contrainte inutile, c’est une stratégie pragmatique et efficace pour limiter la transmission des infections respiratoires cet hiver. Chacun peut agir au quotidien : porter un masque en cas de symptômes, se laver les mains correctement et aérer les pièces régulièrement. Ces gestes protègent nos proches et soutiennent le système de santé. En cette saison froide, la combinaison de la vaccination et des gestes barrières constitue la meilleure réponse collective pour traverser la période hivernale en limitant les risques sanitaires.
Adoptons ces gestes, pour soi et pour les autres : petits réflexes, grands effets.