Retrouver les gestes barrières cet hiver : pourquoi ils comptent et comment les pratiquer
Chaque année, la saison froide voit réapparaître des vagues d’infections respiratoires : grippe, bronchiolite, covid-19 et autres virus circulent et provoquent des malades, des hospitalisations et parfois des décès, en particulier chez les personnes fragiles. Si la vaccination et les traitements préventifs jouent un rôle clé, les gestes barrières restent des mesures simples, efficaces et accessibles à tous pour limiter la transmission des virus et protéger nos proches.
Un constat : les gestes barrières ont reculé
Après les épisodes épidémiques récents, des enquêtes montrent que l’application quotidienne des gestes barrières a diminué. Beaucoup de Français associent encore ces comportements principalement à la seule menace du Covid-19 et ne les maintiennent pas face à d’autres infections hivernales. Pourtant, le port du masque quand on présente des symptômes, le lavage régulier des mains et l’aération des pièces sont des réflexes transversaux qui réduisent significativement la propagation des agents infectieux.
Les trois gestes clés recommandés
Les autorités sanitaires insistent sur trois gestes prioritaires à réintégrer dans nos habitudes, surtout durant la période hivernale :
- Mettre un masque dès les premiers symptômes : toux, fièvre, écoulement nasal ou maux de gorge doivent déclencher le port d’un masque, afin de limiter la projection de gouttelettes infectieuses vers les autres.
- Se laver les mains régulièrement et correctement : un lavage fréquent au savon et à l’eau, ou l’utilisation d’une solution hydroalcoolique quand le lavage n’est pas possible, diminue le risque de contamination en empêchant le transfert du virus des mains au visage.
- Aérer les pièces : renouveler l’air intérieur plusieurs fois par jour réduit la concentration de particules virales en suspension et diminue le risque de transmission à distance.
Quand porter le masque ?
Le masque doit être porté systématiquement dès l’apparition de symptômes respiratoires et pendant la durée des signes cliniques. Il est également recommandé en présence de personnes vulnérables (personnes âgées, immunodéprimées, femmes enceintes, nourrissons) et dans les lieux très fréquentés ou mal ventilés. Le masque protège principalement les autres en limitant l’émission de gouttelettes ; il contribue aussi, dans certaines circonstances, à réduire l’exposition personnelle.
Comment choisir et utiliser un masque
Privilégiez un masque chirurgical ou un masque de type FFP2 lorsque cela est indiqué (personnes à risque ou situations à forte exposition). Assurez-vous que le masque couvre correctement le nez et la bouche, qu’il soit bien ajusté au visage et qu’il soit remplacé dès qu’il est humide ou souillé. Évitez de toucher la face du masque et jetez-le ou changez-le selon les recommandations en vigueur.
Lavages des mains : technique et fréquence
Le lavage des mains est une barrière essentielle contre la transmission. Il doit durer au moins 20 secondes et comporter les étapes suivantes : mouiller les mains, appliquer du savon, frotter paumes, dos des mains, entre les doigts, pouces et ongles, puis rincer et sécher avec une serviette propre. Lorsque le lavage n’est pas possible, utiliser une solution hydroalcoolique contenant au moins 60 % d’alcool est une alternative efficace.
Moments clés pour se laver les mains
- Avant de préparer ou de consommer un repas.
- Après être allé aux toilettes.
- Après avoir toussé, éternué ou s’être mouché.
- Après avoir été en contact avec une personne malade.
- Après avoir touché des surfaces partagées (poignées de porte, mains courantes, bornes).
Aération et qualité de l’air intérieur
Un bon renouvellement de l’air réduit la concentration de virus et d’autres polluants. Aérer consiste à ouvrir les fenêtres en grand plusieurs minutes, plusieurs fois par jour, y compris en hiver. Idéalement, une aération de 5 à 15 minutes toutes les heures ou au moins trois fois par jour selon l’usage des locaux permet d’abaisser le risque. Dans les lieux très fréquentés ou mal ventilés, des dispositifs mécaniques de ventilation ou des purificateurs peuvent compléter les mesures.
Conseils pratiques pour aérer efficacement
- Ouvrir en grand pour créer un courant d’air plutôt que laisser une fenêtre entrouverte.
- Aérer pendant le nettoyage et après des réunions ou des rassemblements.
- Favoriser la ventilation mécanique contrôlée (VMC) quand elle est disponible et s’assurer de son entretien.
Pourquoi ces gestes restent pertinents au-delà du Covid-19
La nature des virus respiratoires explique que des gestes simples agissent sur leur propagation. En limitant la dispersion de gouttelettes et en réduisant la charge virale dans l’environnement, on diminue la probabilité d’infections, d’apparition de formes sévères et la saturation des services de santé. Ces mesures sont complémentaires à la vaccination et aux traitements préventifs et permettent de protéger collectivement, notamment les personnes les plus vulnérables.
La campagne 2025 : objectifs et publics ciblés
Face à l’observation d’une baisse d’adhésion aux gestes barrières, les autorités sanitaires ont lancé une campagne d’information pour rappeler ces réflexes. Diffusée de manière générale puis enrichie pour toucher plus spécifiquement les publics à risque, la campagne vise à sensibiliser, expliquer les modalités pratiques (port du masque, durée d’aération, lavage des mains) et encourager l’adoption régulière de ces comportements.
Publics prioritaires
Les messages pédagogiques s’adressent en priorité aux personnes âgées de 65 ans et plus, aux femmes enceintes, aux nourrissons via leurs proches, aux personnes atteintes de comorbidités et aux personnes immunodéprimées. Les professionnels de santé et les aidants sont également ciblés pour renforcer la protection des résidents en établissement et des patients fragiles.
Vaccination et gestes barrières : une stratégie combinée
La vaccination contre la grippe et la Covid-19 demeure un pilier majeur pour réduire les formes graves et les hospitalisations. Elle fonctionne en complément des gestes barrières : si la vaccination diminue la probabilité d’évolution vers une forme sévère, le port du masque, le lavage des mains et l’aération limitent la transmission au sein de la communauté. Ensemble, ces mesures contribuent à alléger la pression sur les structures de soins.
Bonnes pratiques en milieu professionnel et scolaire
Dans les bureaux, écoles et lieux de rassemblement, encourager l’aération régulière, proposer des solutions hydroalcooliques et rappeler les règles de base en cas de symptômes aide à réduire la circulation des virus. Les établissements doivent prévoir des protocoles simples : isoler temporairement une personne symptomatique, garantir un local aéré pour les pauses et favoriser le télétravail lorsque c’est possible durant les pics épidémiques.
Que faire si vous êtes malade ?
- Portez un masque dès l’apparition des premiers symptômes et restez à l’écart des personnes à risque.
- Limitez les contacts non indispensables et évitez les rassemblements.
- Appliquez des mesures d’hygiène renforcées : lavage des mains fréquent, désinfection des surfaces de contact, aération régulière des pièces.
- Consultez un professionnel de santé si vos symptômes s’aggravent ou si vous appartenez à un groupe à risque.
Conclusion : des gestes simples, un impact collectif
Reprendre les gestes barrières cet hiver est une démarche collective et solidaire. En réintégrant le port du masque en cas de symptômes, le lavage régulier des mains et l’aération des locaux dans nos routines quotidiennes, nous protégeons non seulement notre santé mais aussi celle des personnes les plus fragiles. Ces réflexes, faciles à adopter, peuvent contribuer à réduire la circulation des virus et à préserver notre système de santé.
Adopter ces gestes ne demande pas d’effort considérable : il s’agit avant tout de changer quelques habitudes pour un bénéfice important, individuel et collectif. Cet hiver, faisons le choix de la prudence et de la protection mutuelle.