Depuis maintenant quelques années, les dispositifs visant à améliorer l’accès aux soins pour les personnes en situation de handicap se multiplient. Parmi eux, le questionnaire « handifaction » se distingue comme un outil précieux instauré par l’Assurance Maladie dès 2022. Il a pour objectif d’évaluer l’accès aux soins des personnes handicapées par le biais de retours d’expérience directs.
Un outil au cœur de l’amélioration
Le questionnaire « handifaction » propose une vingtaine de questions réparties en quatre thèmes clés permettant d’éclairer les parcours de soins vécus par les personnes en situation de handicap. Ces thèmes incluent l’accès effectif aux soins, l’accompagnement par un aidant, l’information fournie sur les soins administrés ainsi que la gestion de la douleur ressentie. Les retours collectés sont anonymes, offrant ainsi aux participants la liberté de partager leur expérience sans crainte de stigmatisation ou de représailles.
Les résultats de ces questionnaires ne se contentent pas de rester lettres mortes. En effet, ils servent de base à des améliorations concrètes dans la qualité de l’accueil et des soins prodigués. Les professionnels de santé, informés de ces retours, peuvent adapter leurs pratiques tandis que les établissements de santé ajustent leurs infrastructures pour mieux répondre aux besoins spécifiques de leurs patients.
Des résultats publiés trimestriellement
Les résultats de ces questionnaires sont publiés tous les trois mois sur le site dédié handifaction.fr. Chaque publication comporte une analyse approfondie, disponible aux niveaux national, régional et départemental, de sorte que les particuliers comme les professionnels puissent en tirer des enseignements spécifiques à leur situation géographique.
Lors du dernier relevé couvrant la période de juillet à septembre 2024, il a été traité 10 306 réponses. De ces observations, il ressort que 75 % des participants ont pu accéder aux soins requis, un chiffre en légère baisse comparé à ceux des précédents trimestres. De plus, 15 % des répondants ont rapporté avoir subi un refus de soins, amenant 30 % d’entre eux à renoncer à leur démarche de soins.
Analyser les défis de l’accès aux soins
En analysant plus en profondeur les données recueillies entre octobre 2024 et septembre 2025, on remarque que 59 % des répondants étaient des femmes et que la majorité avait entre 46 et 65 ans. Bien que 95 % déclarent avoir un médecin traitant, 27 % des personnes n’ont pas reçu les soins nécessaires. Ce taux évoque non seulement les refus directs de soin mais également les abandons de démarches suite à ces refus.
Pour les personnes dotées d’un médecin traitant, la probabilité d’accéder aux soins monte à 75 % contre seulement 39 % pour celles qui en sont dépourvues. Ces chiffres soulignent l’importance cruciale d’avoir un accès constant à un professionnel de santé référent.
Le rôle vital des aidants et la gestion de la douleur
Au-delà de l’accès aux soins, l’accompagnement par un aidant et la manière dont la douleur est prise en charge sont des enjeux cruciaux. Les résultats indiquent que 38 % des personnes ont besoin de la présence d’un accompagnant lors de leurs soins, une demande satisfaite dans 87 % des cas. En matière de gestion de la douleur, 75 % des participants affirment qu’elle est prise en compte, soulignant une sensibilité accrue des praticiens à ce sujet.
De plus, la communication joue un rôle central : 78 % des répondants disent poser des questions directement aux professionnels de santé et 87 % reçoivent des réponses satisfaisantes, ce qui témoigne d’une amélioration dans le dialogue patient-soignant.
Focus sur les lieux de soins
Les soins pour les répondants du questionnaire se déroulent majoritairement à l’hôpital (21 % des cas) ou en médecine de ville, réalisée par des généralistes et des spécialistes (19 % chacun). Cependant, les situations de refus de soins se manifestent aussi principalement dans ces environnements, particulièrement autour des soins liés directement ou indirectement au handicap, à des maladies déjà connues, ou aux soins habituels quotidiennement requis par ces personnes.
Bien que les chiffres témoignent d’un effort significatif pour améliorer l’accès aux soins des personnes en situation de handicap, ils illustrent aussi les défis persistants. Grâce à des outils comme le questionnaire « handifaction », les institutions peuvent non seulement mieux comprendre les lacunes du système de santé actuel mais également œuvrer de manière proactive pour les combler. Ce dialogue constant entre les usagers et les professionnels reste essentiel pour tendre vers une accessibilité et une qualité de soin optimales.