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Cet hiver, reprenons les gestes simples : masque, mains propres et aération

Face aux épidémies hivernales, le port du masque, le lavage régulier des mains et l’aération des pièces restent des réflexes efficaces pour réduire la transmission des virus. Une campagne nationale rappelle ces mesures essentielles et complète la vaccination destinée aux personnes les plus vulnérables.

Chaque hiver, la circulation des virus respiratoires augmente et entraîne des vagues d’infections responsables d’hospitalisations et, parfois, de décès chez les personnes vulnérables. Pour limiter la propagation de la grippe, de la Covid-19, de la bronchiolite et d’autres infections respiratoires aiguës, trois gestes simples et complémentaires restent particulièrement efficaces : porter un masque dès l’apparition de symptômes, se laver régulièrement et correctement les mains, et aérer fréquemment les pièces. Cette année, une campagne nationale rappelle l’importance de ces mesures afin de protéger chacun et de préserver le système de santé.

Pourquoi ces gestes sont-ils toujours essentiels ?

Les infections respiratoires se transmettent principalement par les gouttelettes et les aérosols expulsés lors de la toux, des éternuements, ou simplement en parlant, ainsi que par les surfaces contaminées. Les gestes barrières agissent sur ces voies de transmission :

  • le masque réduit l’émission et l’inhalation de gouttelettes ;
  • le lavage des mains diminue le risque de transmission via les objets et les surfaces ;
  • l’aération abaisse la concentration de virus dans l’air en renouvelant l’air intérieur.

Associés à la vaccination et, le cas échéant, à des traitements préventifs, ces gestes contribuent à limiter la propagation des virus et à réduire les formes graves.

Constat : une baisse des pratiques en 2024

Selon des enquêtes menées en 2024, l’adoption des gestes barrières a nettement diminué depuis le pic de la pandémie de Covid-19. Trois constats marquants ressortent :

  • 63 % des personnes interrogées déclaraient respecter moins les gestes barrières qu’au début de la pandémie ;
  • seulement 13 % disaient porter un masque systématiquement en présence de symptômes, d’une personne fragile ou dans un lieu très fréquenté, tandis que 43 % déclaraient ne jamais en porter ;
  • 7 % déclaraient ne jamais se laver les mains dans ces situations à risque.

Cette érosion des réflexes est préoccupante car elle augmente la probabilité d’épidémies hivernales intenses et prolonge leur durée, avec des conséquences sur les soins en ville et à l’hôpital.

La nouvelle campagne : objectifs et messages clés

Pour inverser cette tendance, une campagne nationale lancée à l’automne rappelle trois gestes prioritaires recommandés par les experts :

  • mettre un masque dès les premiers symptômes (toux, fièvre, nez qui coule) ;
  • se laver souvent et correctement les mains ;
  • aérer régulièrement les pièces, même en hiver.

La campagne s’adresse d’abord à toute la population, puis se décline avec des messages plus pédagogiques et ciblés pour les personnes les plus à risque de formes graves (personnes de 65 ans et plus, femmes enceintes, nourrissons et personnes atteintes de comorbidités). Elle insiste aussi sur des précisions pratiques : modalités de port du masque, alternatives au savon (solution hydroalcoolique), et bonnes pratiques d’aération.

Comment et quand porter un masque ?

Le masque doit être porté dès l’apparition de symptômes respiratoires ou en présence de personnes fragiles. Quelques conseils pratiques :

  • choisissez un masque adapté (chirurgical ou de type FFP selon le contexte et le risque) et veillez à sa propreté ;
  • veillez à bien couvrir le nez et la bouche et à ajuster les lanières ou l’arceau nasal pour limiter les fuites d’air ;
  • remplacez le masque lorsqu’il est humide ou souillé, et jetez-le après usage si c’est un modèle à usage unique ;
  • ne touchez pas l’avant du masque pendant le port et lavez-vous les mains avant et après l’avoir retiré.

Dans quels lieux porter un masque ?

Le port du masque est particulièrement recommandé :

  • en présence de personnes fragiles (personnes âgées, immunodéprimées) ;
  • dans les établissements de soins et les structures d’accueil de personnes vulnérables ;
  • si vous présentez des symptômes respiratoires ;
  • dans certains lieux très fréquentés ou mal ventilés selon la situation épidémique.

Bien se laver les mains : gestes et fréquence

Le lavage des mains reste l’un des gestes les plus efficaces pour prévenir la transmission des infections. Il doit être réalisé :

  • avant de préparer ou de consommer des aliments ;
  • après être allé aux toilettes ;
  • après avoir éternué, toussé ou s’être mouché ;
  • après avoir été en contact avec des surfaces potentiellement contaminées (poignées de porte, barres de transport, etc.) ;
  • avant et après avoir pris soin d’une personne vulnérable.

Technique recommandée :

  1. mouillez-vous les mains avec de l’eau propre ;
  2. appliquez suffisamment de savon pour couvrir toutes les surfaces des mains ;
  3. frottez au moins 20 secondes en insistant sur le dos des mains, entre les doigts et sous les ongles ;
  4. rincez abondamment et séchez avec un linge propre ou un essuie-mains à usage unique ;
  5. si le lavage n’est pas possible, utilisez une solution hydroalcoolique contenant au moins 60 % d’alcool en quantité suffisante pour couvrir toutes les surfaces des mains.

Aérer : combien de temps et à quelle fréquence ?

L’aération régulière des pièces réduit la concentration de particules virales en suspension. Quelques recommandations pratiques pour l’hiver :

  • aérer toutes les pièces au moins 10 minutes, deux à trois fois par jour, en privilégiant des ouvertures simultanées de fenêtres sur des côtés opposés lorsque possible (effet de courant d’air) ;
  • si la température extérieure est très basse, des ouvertures brèves et répétées (par exemple 5 à 10 minutes toutes les heures dans les lieux très fréquentés) sont préférables à une aération continue réduite ;
  • dans les transports et lieux publics où l’ouverture des fenêtres n’est pas possible, privilégier les systèmes de ventilation mécanique bien entretenus ou limiter la durée des rassemblements.

Qui est le plus à risque et quelles protections supplémentaires ?

Certaines personnes présentent un risque plus élevé de développer des formes graves lors d’une infection respiratoire :

  • les personnes âgées de 65 ans et plus ;
  • les personnes immunodéprimées ;
  • les personnes atteintes de maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, maladies respiratoires chroniques) ;
  • les femmes enceintes et les nourrissons.

Pour ces populations, les gestes barrières doivent être complétés par la vaccination contre la grippe et la Covid-19 selon les recommandations en vigueur. Les proches et les professionnels soignants doivent également veiller à adopter ces gestes pour réduire le risque de transmission.

Campagne de vaccination automnale 2025-2026

La campagne de vaccination contre la grippe et la Covid-19 s’est tenue du 14 octobre 2025 au 31 janvier 2026. Elle cible en priorité les personnes les plus vulnérables : les personnes âgées de 65 ans et plus, les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques, les résidents en établissements collectifs et les professionnels de santé.

Pour les personnes de 65 ans et plus, il est recommandé, lorsque cela est possible, d’utiliser des vaccins adaptés à cette tranche d’âge, tels que des formulations à dose élevée ou adjuvantées qui renforcent la réponse immunitaire. La vaccination réduit significativement le risque de formes graves et d’hospitalisation.

Que faire au quotidien ? Conseils pratiques pour la maison, le travail et l’école

Adopter des réflexes simples dans la vie quotidienne aide à protéger l’entourage :

  • à la maison : isolez la personne symptomatique dans une pièce, portez un masque lors des contacts, et aérez régulièrement les zones partagées ;
  • au travail : favorisez le télétravail si possible lorsque vous êtes malade, limitez les réunions en présentiel en cas d’épidémie, et encouragez la mise à disposition de solution hydroalcoolique ;
  • à l’école : insistez sur le lavage des mains chez les enfants, aérez les salles de classe plusieurs fois par jour, et rappelez aux familles de garder les enfants malades à la maison jusqu’à l’amélioration des symptômes.

Quand consulter un professionnel de santé ?

La plupart des infections respiratoires évoluent favorablement en quelques jours, mais il faut consulter en priorité si :

  • les symptômes s’aggravent (dyspnée, forte fièvre persistante, état de confusion) ;
  • vous faites partie d’un groupe à risque de forme grave ;
  • les symptômes ne s’améliorent pas après quelques jours ou s’ils se prolongent.

En cas de doute, il est recommandé de contacter un professionnel de santé qui pourra évaluer la situation et prescrire des examens ou un traitement si nécessaire.

Conclusion : renforcer des réflexes simples pour protéger tous les publics

Le port du masque en présence de symptômes, le lavage fréquent et correct des mains, et l’aération régulière des pièces restent des mesures simples, peu contraignantes et efficaces pour réduire la transmission des virus hivernaux. Combinées à la vaccination des personnes vulnérables, elles permettent de diminuer le nombre de cas graves, de protéger les proches et d’alléger la pression sur le système de santé. Cet hiver, retrouver ces réflexes est un geste citoyen qui protège chacun.

En appliquant ces recommandations dans la vie quotidienne et en veillant à la protection des personnes les plus fragiles, chacun peut contribuer à limiter l’impact des épidémies hivernales.

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