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Cet hiver, retrouvons le réflexe des gestes qui protègent : masque, mains, aération

Face aux épidémies respiratoires hivernales, le port du masque, le lavage régulier des mains et l’aération des locaux restent des gestes simples et efficaces pour limiter les transmissions. Une nouvelle campagne nationale rappelle ces mesures et explique comment les appliquer au quotidien, notamment pour protéger les personnes les plus vulnérables.

Chaque hiver, les infections respiratoires — grippe, bronchiolite, Covid-19 et autres virus saisonniers — entraînent une hausse de la maladie, des consultations et des hospitalisations. Après une saison 2024-2025 marquée par une épidémie de grippe précoce et sévère, il est crucial de rétablir et de maintenir quelques réflexes simples mais efficaces : porter un masque dès les premiers symptômes, se laver régulièrement les mains et aérer les pièces.

Pourquoi ces gestes restent indispensables

Les gestes barrières ne se substituent pas à la vaccination ou aux traitements, mais ils la complètent. Ils réduisent la transmission des agents infectieux en limitant les gouttelettes et les aérosols qui propagent les virus. Cela protège non seulement la personne qui applique ces mesures, mais aussi son entourage — en particulier les personnes âgées, les nourrissons et les personnes immunodéprimées.

Les données récentes montrent que l’utilisation de ces mesures a diminué depuis la période de forte vigilance liée à la Covid-19. Selon des enquêtes réalisées en 2024, une majorité de personnes déclaraient respecter moins souvent ces gestes qu’au début de la pandémie : le port du masque en cas de symptômes est nettement en baisse, et certains individus négligent encore le lavage des mains dans les situations à risque.

La campagne nationale : objectifs et calendrier

Pour encourager le retour à ces bonnes pratiques, une campagne nationale de prévention a été lancée fin octobre 2025. Elle met l’accent sur trois gestes prioritaires recommandés par les autorités sanitaires : mettre un masque dès l’apparition des symptômes respiratoires, se laver les mains fréquemment et aérer régulièrement les lieux clos.

La diffusion initiale vise la population générale via des spots radio et télévision, ainsi que de l’affichage dans les lieux de passage (gares, hôpitaux, transports en commun). À partir de novembre et jusqu’en février, la campagne se renforce pour toucher prioritairement les personnes à risque de formes graves (plus de 65 ans, femmes enceintes, nourrissons, personnes avec comorbidités) avec des messages plus pédagogiques et des conseils pratiques.

Le port du masque : quand et comment

Porter un masque dès les premiers signes (toux, fièvre, écoulement nasal) limite la projection de gouttelettes. Voici les règles à connaître :

  • Quand : dès l’apparition des symptômes, en présence de personnes fragiles, dans les transports en commun, dans les lieux très fréquentés et en milieu de soins.
  • Quel type : un masque chirurgical ou un masque grand public de bonne qualité est adapté pour la plupart des situations. Les masques de type FFP2 offrent une protection supérieure et sont recommandés pour les personnes les plus vulnérables ou en contact étroit avec des personnes à risque.
  • Comment : le masque doit couvrir le nez, la bouche et le menton. Évitez de le manipuler et changez-le s’il est humide ou souillé. Jetez les masques à usage unique après utilisation et lavez les masques réutilisables selon les recommandations du fabricant.

Conseils pratiques

  • Emportez des masques de rechange lorsque vous sortez si vous avez des symptômes.
  • Expliquez aux enfants comment porter un masque de manière confortable et sûre ; adaptez la taille au visage.
  • Pour les soignants et les aidants, privilégiez les protections adaptées selon le niveau de risque et l’environnement clinique.

Se laver les mains : technique et alternatives

Le lavage des mains reste l’un des gestes les plus efficaces pour limiter la transmission des virus. Il doit être réalisé :

  • Avant de préparer ou de consommer des aliments.
  • Après avoir toussé, éternué ou vous être mouché.
  • Après être allé aux toilettes.
  • Après avoir été dans un lieu public ou touché des surfaces fréquemment manipulées.

Technique recommandée

Lavez-vous les mains avec de l’eau et du savon pendant au moins 20 secondes, en frotant paumes, dos des mains, entre les doigts et sous les ongles. Si l’eau et le savon ne sont pas disponibles, utilisez une solution hydroalcoolique contenant au moins 60 % d’alcool. Les solutions hydroalcooliques sont efficaces si les mains ne sont pas visiblement sales.

Bonnes pratiques

  • Placez des distributeurs de solution hydroalcoolique à l’entrée des lieux publics et professionnels.
  • Encouragez le lavage des mains chez les enfants par des chansons ou des routines ludiques.
  • Assurez un approvisionnement suffisant en savon et en essuie-mains dans les lieux partagés.

Aérer les pièces : pourquoi, quand et comment

L’air intérieur peut contenir des particules virales lorsqu’une personne infectée est présente. Aérer régulièrement permet de renouveler l’air et de réduire la concentration virale.

Fréquence et durée

  • Aérez plusieurs fois par jour, idéalement toutes les heures dans les espaces occupés, pendant au moins 5 à 10 minutes si les conditions le permettent.
  • En présence d’une personne malade, augmentez la fréquence d’aération et favorisez la ventilation croisée si possible (ouvrir deux fenêtres opposées).

Mesures complémentaires

  • En cas de chauffage central ou de froid intense, aérer par courtes périodes fréquentes pour limiter la perte de chaleur tout en renouvelant l’air.
  • Dans les lieux publics ou professionnels, vérifiez et entretenez les systèmes de ventilation mécanique (VMC) et privilégiez les dispositifs avec un apport d’air neuf.
  • Les purificateurs d’air avec filtres HEPA peuvent compléter la ventilation dans des espaces mal ventilés, sans se substituer à l’aération naturelle.

La vaccination : un complément essentiel

La prévention par les gestes barrières est efficace, mais la vaccination reste le moyen le plus puissant pour réduire les formes graves et les hospitalisations liées à la grippe et à la Covid-19. La campagne vaccinale automnale 2025-2026 vise en priorité les personnes âgées de 65 ans et plus, les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques, les résidents en établissement et les professionnels de santé.

Pour les plus de 65 ans, les autorités recommandent en priorité certains vaccins plus adaptés (vaccins à haute dose ou adjuvantés) afin d’améliorer la réponse immunitaire. Se faire vacciner permet de diminuer les risques de complications graves et allège la pression sur le système de santé.

Adapter les gestes selon les situations

Voici des recommandations concrètes selon les contextes :

  • À la maison : portez un masque si vous êtes malade et partagez le moins possible les espaces clos; aérez fréquemment; limitez les visites des personnes vulnérables jusqu’à amélioration des symptômes.
  • Au travail : privilégiez le télétravail si possible en cas de symptômes; augmentez la fréquence d’aération des salles de réunion; maintenez des distributions de gel hydroalcoolique.
  • Dans les écoles et crèches : sensibilisez au lavage des mains, aérez les salles entre les cours ou les sessions, et isolez temporairement les enfants symptomatiques.
  • Dans les transports : portez un masque si vous avez des symptômes ou si vous êtes en contact régulier avec des personnes fragiles; évitez les heures de pointe si possible.

Protéger les personnes vulnérables

Les personnes âgées, les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes atteintes de maladies chroniques doivent bénéficier d’une attention particulière. Les proches et les aidants ont un rôle clé : se faire vacciner, appliquer les gestes barrières, limiter les contacts en cas de symptômes et aérer les espaces partagés.

Messages pour les employeurs et les responsables de lieux publics

Les établissements publics, entreprises et lieux de soins peuvent faciliter l’application des gestes barrières en :

  • fournissant des équipements (masques, solutions hydroalcooliques),
  • assurant une ventilation et un entretien appropriés des systèmes d’air,
  • mettant en place des procédures pour les personnes malades (isolation, télétravail, accès à des conseils médicaux),
  • communiquant clairement et régulièrement sur les bonnes pratiques auprès du personnel et du public.

Démystifier quelques idées reçues

  • « Les gestes barrières ne servent plus maintenant » — Faux. Ils réduisent toujours la transmission des virus respiratoires, quel que soit l’agent en cause.
  • « Le gel hydroalcoolique remplace toujours le lavage des mains » — Partiellement vrai : il est efficace si les mains ne sont pas sales, mais le lavage à l’eau et au savon reste préférable quand c’est possible.
  • « Ouvrir une fenêtre une fois par jour suffit » — Non. Il faut renouveler l’air plusieurs fois dans la journée, surtout dans les pièces où plusieurs personnes se réunissent.

Conclusion : réapprendre les bons réflexes

Retrouver le réflexe des gestes barrières cet hiver est un acte collectif simple et efficace. En combinant port du masque dès les premiers symptômes, lavage régulier des mains, aération fréquente et vaccination pour les personnes ciblées, nous réduisons la circulation des virus et protégeons les plus fragiles. Ces gestes demandent peu d’efforts individuels mais peuvent avoir un impact majeur sur la santé publique et le fonctionnement des services de soins.

Adoptons-les de nouveau — pour nous-mêmes, pour nos proches et pour la communauté.

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