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Gestes barrières : cet hiver, remettons-les au cœur de nos réflexes

Les infections respiratoires hivernales restent une menace importante pour la santé publique. Ce texte rappelle pourquoi et comment réadopter trois gestes simples — masque, lavage des mains, aération — pour protéger les personnes vulnérables et limiter la pression sur les services de santé.

Chaque hiver rappelle combien les virus respiratoires peuvent rapidement se propager et fragiliser notre système de santé. Grippe, bronchiolite, et COVID-19 font partie des infections respiratoires aiguës (IRA) qui, lorsqu’elles circulent simultanément, augmentent les hospitalisations et le risque de complications, en particulier chez les personnes âgées, les nourrissons et les personnes avec des comorbidités. Après une saison 2024-2025 marquée par une épidémie de grippe précoce et sévère, il est essentiel de réapprendre les réflexes simples qui limitent la transmission : porter un masque en cas de symptômes, se laver les mains régulièrement et aérer les pièces.

Pourquoi les gestes barrières restent indispensables

Les gestes barrières sont des mesures complémentaires à la vaccination et aux traitements préventifs. Ils réduisent la transmission des virus en limitant la projection de gouttelettes, la contamination des surfaces et la concentration virale dans l’air. Lorsqu’une grande partie de la population applique ces gestes, l’effet collectif diminue la circulation virale et protège les personnes les plus fragiles.

Pourtant, les données récentes montrent une érosion des comportements protecteurs : selon l’étude CoviPrev conduite en 2024, 63 % des personnes déclaraient respecter moins souvent les gestes barrières qu’au début de la pandémie de COVID-19. Le port du masque est particulièrement en recul : seulement 13 % des répondants affirmaient le porter systématiquement en présence de symptômes, auprès de personnes fragiles ou dans les lieux très fréquentés, tandis que 43 % déclaraient ne jamais le porter. Enfin, 7 % déclaraient ne jamais se laver les mains dans ces situations à risque. Cette baisse d’usage augmente la probabilité d’épidémies plus larges et plus longues.

Les trois gestes essentiels à réadopter

1) Mettre un masque dès les premiers symptômes

Porter un masque dès l’apparition de signes comme la toux, la fièvre, ou le nez qui coule réduit fortement la projection de gouttelettes et la contamination des surfaces. Il protège à la fois la personne malade et son entourage. Quelques recommandations pratiques :

  • Choisir un masque bien ajusté : un masque chirurgical ou un masque de type FFP2 offre une bonne protection si bien posé. Veiller à ce qu’il couvre le nez et le menton sans laisser d’espace latéral.
  • Remplacer le masque lorsqu’il est humide ou souillé et le jeter ou le laver selon le type de masque.
  • Le masque est particulièrement recommandé en présence de personnes vulnérables (personnes âgées, malades chroniques, femmes enceintes, nourrissons) et dans les lieux clos et fréquentés (transports, établissements de santé, services publics).

2) Se laver souvent et correctement les mains

Le lavage des mains demeure l’un des gestes les plus efficaces pour couper les chaînes de contamination. Un lavage efficace dure au moins 20 secondes et doit inclure le revers des mains, les doigts, les ongles et les pouces. À défaut d’eau et de savon, une solution hydroalcoolique peut être utilisée, notamment lorsque l’on est en déplacement.

Bonnes pratiques :

  • Laver les mains avant de préparer les repas, avant de manger, après être allé aux toilettes, après s’être mouché, avoir toussé, ou après avoir été en contact avec des personnes malades.
  • S’essuyer les mains avec une serviette propre ou des mouchoirs à usage unique.
  • Éviter de toucher son visage, son nez et sa bouche avec des mains non lavées.

3) Aérer régulièrement les pièces

L’aération abaisse la concentration de particules virales en diluant l’air intérieur. Même en hiver, ouvrir les fenêtres tous les jours, plusieurs fois par jour, est une mesure simple et efficace. Les recommandations générales sont d’ouvrir grand les fenêtres 5 à 10 minutes, 2 à 3 fois par jour, et davantage si la pièce est occupée par plusieurs personnes ou lors de la présence d’une personne symptomatique.

Conseils pratiques :

  • Privilégier des sessions d’aération courtes mais efficaces plutôt que laisser une fenêtre entrebâillée toute la journée.
  • Dans les lieux très fréquentés (salles d’attente, classes, transports), augmenter la fréquence d’aération et, si possible, utiliser des dispositifs de ventilation mécanique ou des purificateurs d’air équipés de filtres HEPA.
  • Quand il fait très froid, aérer en alternance pour limiter la déperdition de chaleur : quelques minutes d’air frais suffisent pour renouveler l’air.

Campagne de prévention et vaccination : compléter les gestes

Face à la fatigue pandémique et à l’assouplissement des comportements, les autorités sanitaires ont lancé une campagne de prévention visant à remettre ces gestes au cœur des habitudes quotidiennes. La campagne met l’accent sur trois messages simples — masque, lavage des mains, aération — et s’adresse dans un premier temps à la population générale, puis, jusqu’à février 2026, aux personnes à risque de formes graves.

Parallèlement, la campagne de vaccination automnale 2025-2026, qui a débuté le 14 octobre 2025 et se poursuit jusqu’au 31 janvier 2026, cible spécialement les populations vulnérables : personnes de 65 ans et plus, personnes immunodéprimées, femmes enceintes, personnes atteintes de maladies chroniques, résidents en établissement et professionnels de santé. La vaccination réduit le risque de formes sévères et d’hospitalisation et doit être envisagée comme un complément essentiel aux gestes barrières.

Pour les personnes âgées de 65 ans et plus, il est recommandé, lorsque possible, d’utiliser des vaccins adaptés (vaccins hautement dosés ou adjuvantés) afin d’améliorer la réponse immunitaire. Ces précisions visent à optimiser la protection des populations les plus fragiles.

Protéger les plus vulnérables : comportements à privilégier

Protéger une personne vulnérable demande une attention particulière et la mise en place de mesures adaptées :

  • Si vous rendez visite à une personne à risque et que vous présentez des symptômes, portez un masque et évitez les contacts rapprochés jusqu’à disparition des signes.
  • Limitez les visites en période de pic épidémique et favorisez les rencontres en extérieur ou dans des pièces bien ventilées.
  • Encouragez la vaccination des proches et des professionnels qui interagissent avec les personnes fragiles.
  • Nettoyez et aérez régulièrement les espaces de vie partagés et respectez l’hygiène des mains avant toute manipulation d’objets ou d’aliments destinés à la personne vulnérable.

Au travail, à l’école, chez soi : adapter les gestes au quotidien

La mise en place des gestes barrières doit être pragmatique et adaptée aux contextes :

  • Au travail : privilégier la ventilation des bureaux, organiser des réunions hybrides lorsque possible, et encourager le télétravail en cas de symptômes ou lors de pics épidémiques.
  • À l’école : enseigner et rappeler les gestes simples aux enfants (lavage des mains, utilisation de mouchoirs à usage unique, aération des salles), tout en tenant compte des besoins des plus jeunes.
  • Chez soi : isoler la personne malade dans une pièce si possible, limiter le partage d’objets personnels, aérer régulièrement et porter un masque lors des contacts rapprochés.

Mythes et réalités

Plusieurs idées reçues découragent parfois l’application des gestes barrières. Quelques clarifications :

  • « Le masque n’est utile que pour la COVID-19 » : Faux. Le masque réduit la transmission d’un grand nombre de virus respiratoires, dont la grippe et d’autres infections hivernales.
  • « Aérer en hiver, c’est dangereux » : Non. Aérer quelques minutes plusieurs fois par jour réduit le risque d’aérosols infectieux et peut se faire sans compromettre la chaleur si c’est bref et répété.
  • « Je suis vacciné, je n’ai plus besoin de gestes barrières » : La vaccination réduit les risques de formes graves mais n’empêche pas toujours la transmission. Les gestes barrières restent utiles pour limiter la propagation, notamment auprès des personnes vulnérables.

Conclusion : des gestes simples, une grande efficacité collective

Reprendre les gestes barrières n’exige pas de changements profonds, mais une vigilance quotidienne : porter un masque en cas de symptômes, se laver les mains correctement et aérer régulièrement peuvent réduire significativement la transmission des virus hivernaux et limiter les conséquences sanitaires. Ces mesures, combinées à la vaccination des populations à risque, contribuent à protéger les plus fragiles et à éviter la saturation des services de santé.

En réadoptant ces réflexes, chacun participe à la santé collective : un geste individuel simple peut avoir un effet majeur pour la sécurité de tous pendant la saison hivernale.

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