Chaque hiver, la circulation des virus respiratoires — grippe, bronchiolite, et depuis quelques années la Covid-19 — génère des vagues d’infections qui pèsent fortement sur la santé publique et sur le fonctionnement des soins, en ville comme à l’hôpital. L’hiver 2024‑2025 a rappelé cette vulnérabilité en enregistrant une épidémie de grippe précoce, prolongée et particulièrement sévère chez les personnes âgées, entraînant un nombre important d’hospitalisations et de décès.
Pourquoi rappeler les gestes barrières ?
Les gestes barrières restent des mesures simples, accessibles et efficaces pour réduire la transmission des virus respiratoires. En complément de la vaccination et des traitements préventifs, ces mesures permettent de protéger à la fois soi‑même et les personnes fragiles de son entourage. Pourtant, les comportements ont évolué depuis les épisodes épidémiques majeurs : l’attention portée à ces réflexes a diminué, laissant la population plus exposée lors des pics saisonniers.
Ce que disent les études
Des enquêtes menées récemment montrent une baisse notable de l’adoption des gestes barrières. Par exemple, une étude comportementale réalisée en 2024 a mis en évidence que la majorité des participants estimaient respecter moins ces gestes qu’au début de l’épidémie de Covid‑19. Le port du masque est particulièrement en retrait : une faible part de la population le porte systématiquement en présence de symptômes ou face aux personnes vulnérables, et une minorité affirme ne jamais se laver les mains dans les situations à risque. Ces tendances expliquent en partie la facilité avec laquelle les virus circulent à nouveau chaque hiver.
Trois gestes à remettre au centre des pratiques quotidiennes
La campagne de prévention lancée en fin octobre rappelle et détaille trois gestes essentiels que chacun peut appliquer au quotidien :
- Mettre un masque dès l’apparition de symptômes (toux, fièvre, nez qui coule). Le masque réduit la projection de gouttelettes infectieuses et limite la diffusion du virus vers les autres.
- Se laver régulièrement et correctement les mains avec du savon ou une solution hydroalcoolique lorsque le lavage n’est pas possible. Un lavage de 20 secondes et un séchage propre diminuent fortement le risque de transmission par contact.
- Aérer fréquemment les pièces même en hiver, en ouvrant les fenêtres plusieurs minutes, plusieurs fois par jour, pour renouveler l’air intérieur et disperser les particules virales en suspension.
Comment appliquer ces gestes de façon pratique
Quelques repères simples facilitent la mise en oeuvre quotidienne :
- Si vous avez des symptômes respiratoires, placez un masque dès que vous êtes en présence d’autres personnes et évitez les rassemblements. Préférez un masque chirurgical ou de type FFP2 si vous êtes proche d’une personne vulnérable.
- Lavez‑vous les mains après avoir éternué, vous être mouché, avant de préparer ou de consommer un repas, après être allé aux toilettes, ou après avoir été dans un lieu public. Si le savon n’est pas disponible, utilisez une solution hydroalcoolique contenant au moins 60% d’alcool.
- Aérez plusieurs fois par jour : 5 à 10 minutes d’ouverture complète des fenêtres suffisent selon la taille de la pièce et la température extérieure. En milieu professionnel, privilégiez des systèmes de ventilation performants et le maintien d’un renouvellement d’air régulier.
Une campagne nationale pour retrouver ces réflexes
Face à la rechute progressive des bonnes pratiques, les autorités sanitaires ont lancé une campagne de sensibilisation destinée d’abord au grand public, puis spécifiquement aux populations à risque. Elle combine messages simples et formats variés (spots audio et vidéo, affichage dans les transports et les lieux de santé, contenus pédagogiques sur les réseaux sociaux) afin de toucher une large audience et d’expliquer concrètement les gestes à adopter.
Priorité aux personnes vulnérables
À partir de novembre, la campagne mettra l’accent sur les personnes les plus exposées au risque de formes graves : les personnes âgées de 65 ans et plus, les femmes enceintes, les nourrissons, les personnes immunodéprimées et celles atteintes de maladies chroniques. Pour ces publics, les messages seront adaptés et préciseront notamment :
- les modalités d’utilisation du masque (comment le mettre, le retirer et le remplacer) ;
- les conseils pour l’utilisation de solutions hydroalcooliques en cas d’absence de point d’eau ;
- les gestes complémentaires à adopter en présence d’un nourrisson ou d’une personne très fragile.
Vaccination hivernale et gestes barrières : une combinaison gagnante
La prévention par la vaccination reste un outil majeur pour réduire les formes graves et les hospitalisations liées à la grippe et à la Covid‑19. La campagne de vaccination automnale cible prioritairement les mêmes groupes vulnérables et recommande des formulations adaptées pour les plus de 65 ans afin d’optimiser la protection. Toutefois, la vaccination ne suffit pas à elle seule : lorsqu’elle est associée au port du masque, au lavage des mains et à une aération régulière, la protection collective est nettement renforcée.
Pourquoi aérer même par temps froid ?
Aérer permet de diluer et d’évacuer les aérosols contenant des agents infectieux. En hiver, l’ouverture brève et répétée des fenêtres est plus efficace et plus confortable que de laisser les fenêtres entrebâillées en permanence. Des actions simples, comme aérer avant l’arrivée des occupants dans une pièce, durant les pauses et après rassemblement, contribuent à réduire le risque de transmission sans compromettre le confort thermique s’il est fait de manière ciblée.
Mesures adaptées en entreprise et en lieux collectifs
Les employeurs et gestionnaires d’espaces publics peuvent participer activement à la prévention en favorisant le télétravail lorsque cela est possible, en maintenant la ventilation mécanique en bon état, et en rappelant les bonnes pratiques par des affichages clairs. Dans les établissements de santé et médico‑sociaux, des protocoles spécifiques doivent être appliqués pour protéger les résidents et les patients les plus fragiles.
Messages clés à retenir
Pour limiter l’impact des épidémies hivernales, gardons en tête trois réflexes simples :
- Mettre un masque dès l’apparition de symptômes et en présence de personnes vulnérables.
- Se laver les mains régulièrement et correctement, ou utiliser une solution hydroalcoolique en cas d’absence de point d’eau.
- Aérer les pièces plusieurs fois par jour pour renouveler l’air intérieur.
Adopter ces gestes, même de façon ponctuelle, réduit la transmission virale et protège les plus fragiles. Ils sont faciles à mettre en place dans la vie quotidienne et représentent un complément essentiel aux campagnes de vaccination et aux recommandations médicales.
Conduire une prévention collective
La prévention efficace repose sur l’engagement individuel mais aussi sur des actions collectives : campagnes d’information claires, facilitation de l’accès à la vaccination, maintien des systèmes de ventilation et sensibilisation des employeurs et des établissements de santé. En travaillant ensemble à réinstaller ces réflexes simples, la société peut limiter la charge des épidémies hivernales et protéger durablement les personnes les plus vulnérables.
En cette saison, retrouver le réflexe des gestes barrières n’est pas un retour en arrière, mais une démarche pragmatique et responsable pour préserver la santé collective. Quelques gestes quotidiens peuvent faire une grande différence : masque, mains propres, air renouvelé.