L’hiver rime chaque année avec une augmentation des infections respiratoires : grippe, bronchiolite, rhinopharyngites et parfois poussées de Covid-19. Face à ce constat, trois gestes simples — porter un masque dès les premiers symptômes, se laver régulièrement les mains et aérer les pièces — constituent des barrières efficaces pour limiter la transmission des virus. Pourtant, l’usage de ces mesures a diminué ces dernières années. Cet article revient sur les raisons de ce recul et offre des conseils pratiques pour remettre en place ces réflexes au quotidien.
Pourquoi les gestes barrières sont toujours utiles
Les infections respiratoires se transmettent principalement par des gouttelettes et des aérosols expulsés lorsque nous parlons, toussons ou éternuons. Les surfaces peuvent aussi jouer un rôle, notamment quand on touche des objets contaminés puis le visage. Porter un masque réduit la projection de gouttelettes, se laver les mains élimine les germes accumulés, et aérer diminue la concentration de particules virales dans l’air. Ensemble, ces comportements diminuent le risque d’infection pour soi et pour les autres.
Un réflexe qui s’est estompé
Après les périodes de forte vigilance liées à la pandémie de Covid-19, plusieurs enquêtes montrent que la pratique des gestes barrières a reculé. Les raisons sont diverses : fatigue liée aux mesures persistantes, impression d’une moindre circulation virale, réduction des messages de prévention ou encore croyance que ces gestes ne servent que contre la Covid-19. Or, ces gestes protègent contre de nombreux virus respiratoires et sont utiles chaque saison hivernale.
Les trois gestes à adopter cet hiver
1. Mettre un masque dès les premiers symptômes
Le port du masque est recommandé dès l’apparition de symptômes respiratoires (toux, éternuements, nez qui coule, mal de gorge, fièvre). Il limite la dispersion des gouttelettes et protège particulièrement les personnes fragiles lors des contacts rapprochés. Voici des repères pratiques :
- Favorisez les masques de type chirurgical ou les masques à filtration supérieure (FFP2) lorsque vous êtes en présence de personnes âgées, immunodéprimées ou en milieu de soin.
- Changez de masque s’il est humide ou souillé et jetez-le après usage pour les masques jetables. Pour les masques réutilisables, suivez les instructions de nettoyage.
- Portez correctement le masque : bien couvrant le nez, la bouche et le menton, sans laisser d’espaces sur les côtés.
- Lorsque vous retirez le masque, manipulez uniquement les attaches et lavez-vous les mains immédiatement après.
2. Se laver les mains souvent et correctement
Le lavage des mains reste une barrière simple et très efficace. Il réduit la transmission lorsqu’on touche des surfaces ou des objets contaminés puis son visage. Quelques recommandations :
- Lavez-vous les mains au savon pendant au moins 20 secondes, en frottant paumes, dos des mains, espaces interdigitaux, pouces et ongles. Chantez deux fois « Joyeux anniversaire » comme repère de temps si nécessaire.
- En l’absence de savon et d’eau, utilisez une solution hydroalcoolique contenant au moins 60% d’alcool et frottez jusqu’à évaporation complète.
- Lavez vos mains avant de préparer ou prendre un repas, après être allé aux toilettes, après vous être mouché, toussé, éternué, ou après avoir été en contact avec une personne malade.
- Pensez aux surfaces fréquemment touchées (poignées de porte, climatisations, interrupteurs) et nettoyez-les régulièrement, surtout si quelqu’un du foyer est malade.
3. Aérer les pièces régulièrement
L’aération est essentielle pour diluer les virus présents dans l’air. Une ventilation efficace réduit le risque de transmission, notamment dans les espaces clos et mal ventilés. Conseils pratiques :
- Ouvrez grand les fenêtres plusieurs fois par jour, idéalement 10 à 15 minutes, même en hiver. Pour les petites pièces très fréquentées, des ouvertures plus fréquentes peuvent être nécessaires.
- En cas de grand froid, privilégiez des aérations régulières et courtes plutôt qu’une fenêtre entrouverte en continu. Une aération croisée (ouvertures opposées) est encore plus efficace.
- Utilisez, si possible, des indicateurs de qualité de l’air comme un moniteur de CO2 : un niveau élevé signale une mauvaise ventilation et la nécessité d’aérer.
- Dans les lieux clos très fréquentés (transports en commun, salles d’attente, commerces), évitez les rassemblements prolongés et portez un masque si la ventilation est insuffisante.
Conseils pour les personnes vulnérables et leurs proches
Les personnes âgées, les nourrissons, les femmes enceintes et celles ayant des comorbidités sont plus à risque de formes sévères des infections respiratoires. Pour les protéger :
- Encouragez la vaccination annuelle contre la grippe et, lorsque recommandé, contre la Covid-19 et d’autres pathologies ciblées. La vaccination réduit le risque de formes graves et d’hospitalisation.
- Adoptez les gestes barrières systématiquement lors des visites auprès d’un proche vulnérable : port du masque si vous avez des symptômes, lavage des mains avant le contact, aération de la pièce de rencontre.
- Limitez les contacts rapprochés en cas d’épidémie locale importante et privilégiez les échanges en grand air ou dans des lieux bien ventilés.
- Si vous êtes vous-même malade, évitez de rendre visite à une personne vulnérable jusqu’à disparition des symptômes ou jusqu’à ce que vous soyez certain de ne plus être contagieux.
Au travail, à l’école et en collectivité : quelles pratiques adopter ?
Les lieux collectifs sont des endroits propices à la propagation des virus. Des mesures simples peuvent réduire le risque :
- Maintenez des pratiques d’hygiène : mise à disposition de savon et de solutions hydroalcooliques, affichage des bonnes pratiques, nettoyage régulier des surfaces.
- Favorisez la ventilation des salles de réunion et des espaces fermés. Programmez des pauses d’aération entre les activités et limitez le nombre de personnes dans les petits espaces lorsque possible.
- Incitez les personnes malades à rester chez elles jusqu’à amélioration des symptômes et à porter un masque si elles doivent sortir.
- Dans les établissements de santé et les structures accueillant des personnes fragiles, renforcez les mesures de protection et suivez les protocoles spécifiques en vigueur.
Que faire si je présente des symptômes ?
Si vous avez des symptômes respiratoires, quelques gestes simples réduisent immédiatement les risques de contamination :
- Portez un masque et limitez vos contacts rapprochés avec d’autres personnes, en particulier les plus vulnérables.
- Restez à la maison si possible et évitez les transports collectifs. Travaillez à distance si votre activité le permet.
- Consultez un professionnel de santé si les signes s’aggravent (essoufflement, fièvre persistante, altération de l’état général) ou si vous faites partie d’un groupe à risque.
- Informez vos proches et prenez des mesures d’hygiène renforcées : lavage de mains fréquent, nettoyage des surfaces, aération régulière.
Conclusion : réapprendre des gestes simples pour mieux protéger
Les gestes barrières ne sont pas des mesures contraignantes mais des outils accessibles à tous pour réduire la transmission des infections hivernales. Porter un masque lorsqu’on est symptomatique, se laver les mains souvent et correctement, et aérer régulièrement les pièces sont des réflexes à réinstaller dès maintenant. Ils protègent non seulement notre santé individuelle, mais aussi la santé collective, en particulier celle des personnes les plus vulnérables. Cet hiver, faire de ces gestes des habitudes quotidiennes revient à choisir la prévention et la solidarité.
Adopter ces pratiques est simple et efficace. Commencez dès aujourd’hui : vérifiez vos stocks de masques adaptés, revoyez la technique de lavage des mains avec votre foyer, et planifiez des moments d’aération réguliers dans votre maison et vos lieux de travail.
En gardant ces réflexes, nous limitons ensemble les vagues d’infections et protégeons les personnes les plus fragiles. La prévention passe par des actions collectives et individuelles, faciles à mettre en place et à transmettre autour de soi.