La télémédecine s’apprête à franchir une nouvelle étape en 2026, rendant plus facile l’accès à une consultation médicale à distance. Le gouvernement, par la voix de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé son intention d’assouplir les restrictions concernant le nombre maximum de téléconsultations que peuvent réaliser les médecins. Actuellement limité à 20% de leur activité totale, ce seuil pourrait bientôt être dépassé dans certaines circonstances.
Cette décision fait suite aux assises de la télémédecine organisées par les autorités sanitaires, qui se sont penchées sur l’avenir de cet outil numérique essentiel. Stéphanie Rist a souligné l’importance de la télémédecine comme levier d’inclusion sociale, permettant de toucher les individus éloignés géographiquement ou confrontés à des obstacles dans l’accès aux soins.
Nouvelles Dérogations Envisagées
Plutôt que de maintenir une règle stricte, le gouvernement prévoit d’introduire des dérogations au pourcentage limite de téléconsultations. Ces exceptions concerneraient notamment les médecins retraités, ceux en situation de handicap, ou encore les médecins remplaçants. L’objectif : permettre à ces professionnels de santé d’adapter leur pratique à leurs besoins et à ceux de leurs patients.
D’autres dérogations cibleront les médecins traversant des périodes de vie spécifiques, comme les jeunes parents. La ministre a souligné que ces mesures visent à optimiser l’utilisation de la télémédecine, en exploitant pleinement son potentiel pour désengorger les structures de soins physiques et faciliter l’accès aux consultations médicales.
La Téléconsultation Assistée
Un autre point fort de ces nouvelles mesures est le développement de la téléconsultation assistée, où un professionnel de la santé, tel qu’un infirmier, accompagne le patient durant la consultation. Cette pratique conçue pour les établissements médico-sociaux, comme les Ehpad, ne sera pas incluse dans le calcul des plafonds de téléconsultations. Elle vise principalement à éviter les passages non nécessaires aux urgences, un problème fréquent et coûteux pour le système de santé.
Des Besoins Spécifiques à Adresser
Le plan du gouvernement inclut également le déploiement massif de la télé expertise, à travers laquelle les médecins peuvent demander l’avis d’un spécialiste à distance. C’est une avancée majeure pour les centres hospitaliers universitaires (CHU) et autres établissements de santé qui sont incités à s’organiser pour répondre aux demandes des médecins généralistes.
Ce renforcement vise également à atteindre les 13% de consultations par téléconsultation, un objectif aligné sur la moyenne de l’OCDE, alors que la France n’en est qu’à 3,3% actuellement.
Un Soutien Pour les Populations Isolées
La télémédecine pourrait radicalement transformer l’accès aux soins pour les populations sans médecin traitant ou vivant dans des zones rurales sous-peuplées, ainsi que pour les personnes en situation de dépendance ou de handicap. Elle offre également une solution adaptée pour les populations isolées, les personnes incapables de se déplacer ou les détenus, leur offrant ainsi l’accès aux soins dont elles ont besoin sans le fardeau logistique des déplacements.
Comme d’autres nations telles que l’Allemagne, la France investit dans la télémédecine afin d’améliorer son système de santé, non seulement en termes d’efficacité, mais aussi en réduisant les inégalités d’accès aux soins. Une réduction des passages aux urgences et une meilleure prise en charge globale grâce à la digitalisation du suivi médical sont parmi les bénéfices attendus de ces nouvelles directives.
Il est clair que les évolutions prévues pour 2026 marquent une étape significative dans l’ère numérique de la santé. Elles témoignent d’une volonté forte de moderniser et d’adapter le secteur médical aux biens-faits des technologies de l’information, tout en répondant à un besoin croissant de soins accessibles et efficients.