En 2024, la France, ainsi que l’ensemble de l’Europe, ont été confrontées à une recrudescence notable de la coqueluche, une maladie bactérienne hautement contagieuse. Cette flambée, marquée par une augmentation soudaine et surprenante des cas, a mis en lumière les défis persistants que représente cette maladie pour la santé publique. L’ampleur de l’épidémie en 2024 a été comparée à celle connue à la fin des années 2010, surprenant les experts par sa rapidité et sa propagation.
Analyse de l’épidémie de coqueluche en France en 2024
Le réseau Sentinelles, qui surveille la santé publique en France, a rapporté une estimation de 162 612 cas vus en consultation dans la médecine de ville. Ces chiffres se sont concrétisés en un pic en juillet avant de commencer à décroître. Les incidents rapportés par le service SOS médecins ont culminé avec 9 817 actes, illustrant l’ampleur de la situation tout au long de l’été, avant retomber en fin d’année. En milieu hospitalier, les urgences ont enregistré 7 012 passages pour des suspicions de coqueluche, avec une diminution observée à partir du mois d’août.
Les données sur l’hospitalisation ont montré 1 471 cas nécessitant une prise en charge hospitalière. Le pic du nombre d’hospitalisations a eu lieu au premier semestre 2024 et a progressivement diminué par la suite. Notamment, le nombre total de nourrissons hospitalisés a dépassé les chiffres enregistrés lors des précédentes épidémies de 2012 et 2017, démontrant un impact considérable sur cette tranche d’âge vulnérable.
L’impact sur les nourrissons
Les nourrissons restent la catégorie la plus vulnérable face à la coqueluche. En 2024, parmi les 500 cas rapportés de coqueluche pédiatrique, 74 % concernaient des nourrissons de moins de six mois, ce qui souligne l’importance cruciale de la vaccination. Tragiquement, 46 décès ont été enregistrés, dont une majorité était des enfants de moins d’un an. Ces chiffres révèlent la gravité de l’infection et la nécessité d’une vigilance continue.
La Vaccination : un outil essentiel de prévention
Le meilleur moyen de lutter contre la coqueluche reste la vaccination. En réponse à l’épidémie de 2024, la couverture vaccinale chez les femmes enceintes et les jeunes mères a vu une amélioration notable, atteignant 62,3% pour celles ayant accouché en 2024, contre 43,4% en 2023. Cette augmentation souligne l’efficacité des campagnes de sensibilisation et l’urgence de l’implantation de stratégies renforcées.
Les stratégies vaccinales incluent la vaccination obligatoire pour les nourrissons dès l’âge de deux mois, des rappels pour les enfants et les adultes, ainsi que la vaccination des femmes enceintes. Une autre méthode, appelée stratégie de cocooning, vise à vacciner l’entourage proche des nourrissons, renforçant une protection indirecte contre la maladie.
Mesures préventives complémentaires
Outre la vaccination, adopter des mesures sanitaires comme le port du masque, notamment pour ceux présentant des symptômes respiratoires, reste primordial. Le masque joue un rôle clé non seulement dans la protection individuelle mais aussi dans la sauvegarde de la santé publique en réduisant la propagation. Il est particulièrement conseillé dans les environnements à risque comme les établissements médicaux et les transports en commun.
La communauté internationale a pris note de cette épidémie significative, l’OMS signalant que l’Europe était la région la plus touchée par cette résurgence de la coqueluche en 2024. Alors que d’autres régions de l’OMS n’ont pas observé d’augmentation similaire, cette alerte souligne l’importance des stratégies de vaccination et des mesures proactives pour empêcher de futures épidémies.

